« Tech for good ». Derrière ces trois mots anglais se cache un état d’esprit, celui de se préoccuper de l’impact sociétal de l’innovation et sa capacité à être mise au service de l’homme. Qu’est-ce que la Tech for Good ? Où la trouve-t-on et pourquoi ? Les réponses de Clément Bastide, fondateur de l’agence digitale OutRun et intervenant à #SUPDEWEB Paris.

Clement Bastide Tech for Good

Quelle est votre définition de la Tech for Good ?

Pour moi, la Tech for Good désigne l’idée de passer de l’innovation au progrès. On imagine des concepts basés sur des idées qui pourrait nous aider à mieux vivre, car elles ont un impact direct sur l’individu et la société. Aujourd’hui, la technologie nous permet de répondre à des enjeux qui nous dépassaient il y a quelques années, mais pose également de nombreuses questions auxquelles il est important de répondre. Par exemple, comment instaurer ces mesures dans les mœurs sans bouleverser un mode de fonctionnement déjà établi ?

Retrouve-t-on la Tech for Tech dans tous les secteurs ?

Oui, c’est une approche qui touche quasiment tous les domaines, tant qu’il y a des enjeux sociétaux et environnementaux. Les start-up ont donné la voix en lançant des idées novatrices quant à la sauvegarde des données ou encore en inventant des nouveaux moyens de préserver la planète, notamment grâce au développement de l’intelligence artificielle. Schématiquement, on peut disséquer la Tech for Good en 3 parties :
1) Une partie « vie privée » et « bien-être public », c’est-à-dire tout ce qui concerne le développement durable et la conscience écologique, avec les start-up qui doivent inspirer les grandes entreprises pour que ces dernières fassent preuve d’une bonne intelligence vis-à-vis de l’environnement.
2) Une autre partie qui pose des questions : où va-t-on ? A l’heure actuelle, on innove pour innover sans penser aux conséquences que cela peut avoir.
3) Enfin, il faut penser à comment gérer toutes ces idées, c’est-à-dire garder le modèle capitaliste dans un modèle régulé, avoir à la fois des instances agiles au niveau gouvernemental.

Qu’est-ce que cela engendre ?

L’innovation engendre forcément une conséquence. Et ce n’est pas négligeable. Lorsque Facebook est apparu, c’était une révolution totale. Personne, à ce moment, ne s’est posé de questions concernant la récolte de la data jusqu’à ce que l’entreprise perde plus de 500 millions d’emails et que l’affaire s’ébruite. C’est la même chose avec les drones utilisés comme un dispositif d’espionnage et qui ont fini par faire scandale lorsqu’ils ont survolé des centrales nucléaires. Dans un autre contexte, les trottinettes électriques ont aussi leur revers de la médaille quand on voit le nombre d’accidents augmenté considérable dans les villes. L’innovation finit toujours par poser problème car on ne se pose jamais la question des conséquences ou de l’impact social.

Propos recueillis par Marie Bloeme

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