Seulement 24 ans et déjà trois entreprises à son actif ! Encore étudiant, Jérémy Foucray se lance dans l’aventure avec l’agence de communication, Mercury. Une fois diplômé, il crée Rising Lab, une entreprise de conseil sur les réseaux sociaux. Depuis octobre 2018, il dirige la start-up Zetoolbox, spécialisée dans le conseil d’utilisation des outils digitaux.

Quelles sont les missions de ZeToolbox ?

C’est une entreprise de conseil un peu spéciale. Nous aidons les entreprises à découvrir et adopter les meilleurs outils numériques pour les aider dans cinq domaines :
1) la collaboration et la gestion de projet ;
2) la vente et la relation client ;
3) la communication et le marketing ;
4) l’administratif, le légal et la finance et
5) les RH et la culture d’entreprise.
Aujourd’hui, il y a un très grand nombre d’outils sur le marché, notamment basés sur le cloud computing. C’est à dire que les applications sont disponibles en ligne. Le modèle fonctionne par abonnement et ne nécessite pas un grand investissement initial, à l’inverse des anciens logiciels. C’est une solution très intéressante car elle coûte généralement moins cher qu’un logiciel sur mesure et permet d’obtenir des résultats plus aisément. Cependant, il est difficile de trouver les outils les plus adaptés. C’est à ce niveau que nous intervenons. Nous accompagnons les entreprises depuis l’analyse du besoin jusqu’à l’implémentation des outils et leur maintenance en passant par des ateliers de découverte et des formations.

Qui sont vos principaux clients ?

Nous travaillons autant pour des start-ups, des PME que des grands groupes tels que Orange, Carrefour, JC Decaux. Nous participons ainsi à la digitalisation des entreprises en terme d’équipements techniques.

Vous avez intégré la société d’investissement The Family. Quels sont les avantages ?

The Family est la plus grande communauté de start-ups d’Europe, basée à Paris avec des bureaux à Berlin et à Londres. Elle a notamment investi dans des start-ups connues comme Heetch, Agricool, Algolia ou encore Captain Train. Faire partie de cet organisme, c’est d’abord bénéficier d’une certaine reconnaissance, The Family étant très reconnu dans le monde des start-ups. Cela nous permet également de bénéficier d’un accompagnement et de conseils d’experts. Même lorsque l’on a déjà créé des entreprises auparavant, il n’est jamais facile de se lancer dans un nouveau projet. Il est aussi plus facile de trouver des profils intéressants pour recruter plus rapidement et, si besoin, de faciliter une levée de fonds.

Pourquoi installer l’entreprise en France plutôt qu’en Belgique ?

D’abord, parce que mon associé est français. Ensuite, parce que l’écosystème start-up en France est beaucoup plus développé qu’en Belgique. Là-bas, nous manquons de développeurs. Ici, ça grouille de start-up et les démarches pour monter une entreprise sont bien plus accessibles.

A 24 ans, vous en êtes à votre 3e entreprise. Qu’est-ce qui vous donne le goût de l’entrepreneuriat ?

C’est difficile à expliquer. Je ne sais pas si je pourrais vraiment faire autre chose. C’est toute ma vie : je travaille du matin au soir, je suis amoureux de mon travail. Cela peut paraître étonnant. Pourtant, mes associés sont un peu comme moi. Nous travaillons parfois de 8h jusqu’à 23h et nous sommes heureux. Vu de l’extérieur, cela peut paraître assez spectaculaire. Nous sommes un peu décalés par rapport aux autres. Mais pour moi c’est normal, je ne me pose même plus de questions. Nous avançons jusqu’à atteindre nos objectifs.

Justement, quels sont vos objectifs ?

En ce qui concerne ZeToolbox, notre objectif est d’aider le plus possible d’entreprises à se digitaliser. Nous partons du principe que la meilleure manière de travailler aujourd’hui est d’obtenir le plus de résultats tout en dépensant le moins d’énergie possible. De nos jours l’énergie est un vrai problème, nous en avons de plus en plus besoin alors que nous en avons de moins en moins. Je pense que les outils numériques et la technologie en général sont un excellent moyen pour atteindre de meilleurs résultats qu’autrefois avec une consommation d’énergie moindre.

D’un point de vue personnel, je pense que notre objectif est l’envie de nous dépasser, de créer quelque chose et d’être reconnu pour notre tempérament.

Existe-il un lien entre vos différentes créations d’entreprises ?

J’ai remarqué qu’il y a une grosse dominante dans chacune de mes boîtes : l’éducation, le fait d’apprendre à faire de nouvelles choses. D’ailleurs, je donne en parallèle des cours à l’ECS Bruxelles. C’est important pour moi de transmettre. Je ne pense pas pouvoir entreprendre dans un autre domaine.

Être son propre patron directement après l’école, c’est le rêve de nombreux étudiants…

Ça, c’est une idée que l’on se fait de l’entrepreneuriat. Mais en réalité, on n’est pas tellement son propre patron. C’est plutôt l’entreprise qui nous tient. C’est un statut beaucoup plus compliqué que celui de salarié. Je ne pense pas que ce soit fait pour tout le monde mais je conseille quand même vivement aux étudiants qui ont cette envie de faire leur propre expérience. C’est comme ça qu’on apprend.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

Photo : Nicolas M., Jérémy Foucray, Violette Delinte et Florent De Lecluse

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