Pas encore diplômé mais déjà journaliste dans l’âme. Maxence Bussière, étudiant en 2e année à l’IEJ Paris, a remporté le Prix Jeunes Reporters 2018 de François Chalais dans la catégorie presse écrite. Il gagne ainsi un chèque de 1000 € et trois mois de stage chez Le Parisien.

Pourquoi participer au Prix François Chalais ?

Maxence Bussière. Je me suis inscrit sur le conseil de M. Ferrari, notre intervenant en presse écrite. Je voulais tester mon écriture et avoir ainsi un moyen de reconnaissance de mon travail. De plus, quand j’ai vu que d’autres étudiants de l’IEJ avaient remporté le prix auparavant, je me suis dit que j’avais toutes mes chances.

Comment avez-vous réagi lorsqu’on vous a annoncé les résultats ?

Maxence Bussière. J’étais naturellement très content mais aussi surpris de remporter un prix en presse écrite. Je ne suis pas un littéraire, j’ai eu un bac S puis ai suivi des études de médecine avant de me tourner vers le journalisme.

Pourquoi avez-vous choisi comme sujet la colline du crack à Paris ?

Maxence Bussière. Je cherchais un sujet local afin de plaire au Parisien et la colline du crack près de la porte de la Chapelle me semblait un bon thème. J’y étais déjà allé et j’étais impressionné par cet endroit où tout se passe à la vue de tout le monde, tandis que les résidents, eux, sont tellement habitués au spectacle qu’ils ne le voient plus.

Comment avez-vous abordé le sujet ?

Maxence Bussière. Plus qu’informer le lecteur sur ce qu’il s’y passe, je voulais lui faire ressentir des émotions, lui décrire l’atmosphère pesante comme s’il y était. C’est pourquoi j’ai occulté délibérément toutes les informations que j’avais récupérées en allant sur le terrain. C’est un choix éditorial que j’ai expliqué dans ma lettre de motivation. Je me suis concentré sur le style d’écriture en adoptant un ton particulier avec des figures de style et la répétition de certains mots. J’ai utilisé le champ lexical des zombies pour décrire ceux qui vivent dans la drogue. C’était un moyen pour moi de montrer le cercle vicieux dans lequel les personnes droguées tombent. Ceux qui viennent ici n’ont plus rien et quand on n’a plus rien, on devient ce rien. Et on n’en sort pas.

Comment vous est venue cette passion pour l’écriture ?

Maxence Bussière. Après le bac, j’ai fait des études de médecine mais j’ai raté la sélection à quelques places seulement. Je suis alors parti 10 mois en Australie, où j’ai retapé un van pour faire le tour du pays. Pendant ce voyage, j’ai beaucoup lu et me suis passionné autant pour la lecture que pour l’écriture. Désormais, mon rêve serait de vivre de l’écriture, être libre avec mon stylo et mon cahier.

Quels sont vos projets à venir ?

Maxence Bussière. Pour le moment, j’explore différents formats du journalisme et je voyage beaucoup. Je vais profiter des 1 000 € de dotation pour partir un mois en Iran. J’aimerais y faire un reportage sur les femmes qui ont décidé de quitter le voile et pourquoi pas le soumettre à un concours organisé par Le Monde diplomatique.

Prix François Chalais jeunes reportersQu’est-ce que le Prix Jeunes reporters de François Chalais ? L’association François Chalais récompense chaque année de jeunes talents (entre 18 et 27 ans) pour leurs reportages écrits, filmés, radio et photo. En plus de cette distinction honorifique, les gagnants reçoivent un chèque de 1000 € et un stage de trois mois dans une rédaction partenaire.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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