Grand Reporter au Monde, Annick Cojean est notamment connue pour ses reportages en Lybie sur le viol comme arme de guerre. Elle est l’une des premières journalistes à s’intéresser aux femmes dans les conflits. Retour en images sur les reportages qui ont marqué sa carrière, à l’occasion de sa Master Class à l’IEJ Paris.

Grand reporter au Monde dès 1980, c’est au sein de cette rédaction qu’Annick Cojean fait ses premières armes de journaliste. Sa carrière est ponctuée d’interviews avec des personnalités célèbres, comme la princesse Lady Diana Spencer quelques jours avant sa mort ou encore la comédienne Isabelle Adjani.

Très vite, la soif d’égalité nourrit la vie d’Annick Cojean. La journaliste ratisse les zones de conflits de la planète pour donner une voix à celles qui subissent la guerre. Ses séries d’articles Les Vétérans du jour J, Les Mémoires de la Shoah, Chers parents, Gens de mer, Retour sur images, Cap au Grand-Nord ou Gestes rebelles, ainsi que de nombreux reportages et enquêtes sur les violences contre les femmes, notamment en zone de guerre, font sa réputation auprès du grand public.

Annick Cojean, 1re journaliste à dénoncer le viol de guerre

En 2011, après l’assassinat de Kadhafi par les rebelles libyen, Annick Cojean s’est rendue en Libye pour comprendre les enjeux de l’après-Kadhafi. Un an après, son livre-enquête Les Proies, Dans le harem de Kadhafi (éditions Grasset) dévoile la perversité sexuelle de l’ancien dirigeant libyen et son utilisation du viol comme arme de pouvoir puis comme arme de guerre.

En mars 2014, elle réitère. Elle s’attaque au régime de Bachar El Hassad dans un article publié dans Le Monde. Elle y dénonce l’utilisation du viol comme arme de destruction massive en Syrie au terme d’une enquête sur le terrain. En 2017, elle s’associe à la réalisatrice Manon Loizeau et co-réalise le documentaire « Le cri étouffé ». Ce dernier traite une nouvelle fois de la condition de la femme syrienne et victime de viols durant la guerre civile. Le documentaire sera diffusé sur France 2.

Annick Cojean, présidente du jury Prix Albert-Londres

Lauréate de plusieurs grands prix de journalisme, Annick Cojean est aussi présidente du jury du prestigieux Prix Albert-Londres depuis 2010. Prix qu’elle a elle-même reçu en 1996 pour ses cinq reportages, Les Mémoires de la Shoah. Ils ont été réalisés en Europe et aux Etats-Unis, à l’occasion du cinquantenaire de la libération des camps d’extermination.

En 2018, elle publie « Je ne serais pas arrivée là si… ». Un ouvrage dans lequel 27 femmes racontent et partagent leurs parcours de vie pas toujours facile. Pour toutes les jeunes filles qui les liront et qui, elles aussi, malgré les doutes, la peur, et la difficulté, ont bien l’intention d’imposer leur voix dans un monde où les règles sont établies par les hommes. Un livre inspirant à l’image de son auteur.

Texte : Marie Bloeme
Montage vidéo : Rosa Lerooy
Interview : Mélodie Moulin

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