Léa Vuillier et Léa Ningres sont assistantes de production chez BFM TV et chez ENIBAS productions. Ce qu’elles font, comment elles en sont arrivées là, ce qui les a marquées… Ces jeunes filles nous racontent leur quotidien de jeunes productrices.

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Leur job.

Léa Vuillier. Je suis en charge de la production externe chez BFM TV. Cela comprend l’organisation des déplacements d’une centaine de collaborateurs (reporters, journalistes, cadreurs) à Paris, en France et même à l’étranger. Concrètement, quand la rédaction a choisi de couvrir une actualité, je constitue une équipe à envoyer sur le terrain. Je m’occupe des accréditations, de la logistique et de tout ce dont mon équipe aura besoin d’avoir sur place. Le rythme est très intense, car dépendant de l’actualité. Il faut tout faire tout de suite, d’où l’importance d’être réactif, organisé et d’avoir le sens des priorités.

Léa Ningres. Je travaille pour la production d’émissions télévisées chez Enibas productions. Mon rôle est de superviser les déplacements des journalistes. Je m’occupe essentiellement de la logistique, c’est-à-dire des déplacements, de l’hébergement, du matériel, des frais, etc. Ayant un budget à respecter, je négocie avec les journalistes pour limiter les coûts tout en m’assurant qu’ils aient les meilleures conditions de travail. Il faut être réactif et disponible à tout moment, même le week-end, pour régler des problèmes de dernières minutes. En parallèle, je participe à la création de courts-métrages avec des étudiants en réalisation à Paris Sorbonne Nouvelle.

Leur recherche d’emploi.

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Léa Vuillier. J’ai eu beaucoup de chance. Pendant une pause entre deux cours, j’expliquais à une amie que j’avais du mal à trouver un emploi. Notre intervenante m’a entendue et m’a dit que BFM TV cherchait une assistante de production en CDI à partir de l’été prochain. Cela montre à quel point il est important d’avoir des professionnels en activité en tant qu’enseignant !

Léa Ningres. J’ai suivi un M1 à SUPDEPROD en alternance chez ENIBAS Productions, en tant qu’assistante de production adjointe. A la fin de mon contrat, le chargé de production est parti de l’entreprise. Ma supérieure a donc pris sa place et moi, j’ai pris la sienne. L’alternance est un véritable tremplin vers l’employabilité !

Pourquoi la production ?

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Léa Vuillier.  Lors de ma première année d’étude en communication, à l’ECS, j’ai fait un stage dans un théâtre où j’ai découvert l’envers du décor. Cela m’a donné envie d’en apprendre plus sur la production. J’ai ensuite enchaîner les stages dans plusieurs domaines : des émissions télévisées, des séries et même la production musicale. Lorsque l’on regarde un film, on ne s’imagine pas le nombre de personnes qui collaborent au projet. Par exemple, lors de mon année à Londres, j’ai travaillé dans les Studios de Warner Bros, ils ont reproduit la boutique d’Ollivander, le marchand de baguettes dans Harry Potter. Chaque boite de baguettes porte le nom d’une personne ayant travaillé sur les films. Il y en a plus de 3000 !

Léa Ningres. Quand j’étais étudiante à l’université, j’ai fait une web-série avec des amis. Je m’étais occupée de toute l’organisation, l’administration et la logistique. Ça m’avait beaucoup plu et j’ai voulu en faire mon métier. Finalement, la fonction de producteur s’apparente celle d’une sage-femme : il faut faire naître le film dans les meilleures conditions possibles.

L’importance du réseau.

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Léa Vuillier. La production est avant tout un métier de rencontre. C’est un monde tout petit dans lequel il est important de créer et garder son réseau. En effet, les personnes avec qui vous travaillez aujourd’hui seront susceptibles de vous appeler pour d’autres projets demain. Dans le milieu de l’audiovisuel, j’ai remarqué que le réseautage fonctionnait surtout hors horaire de bureau, lors des déjeuners, soirées, avant-premières, etc… Votre carnet d’adresses commence dès votre formation avec les intervenants et vos camarades de classe.

Léa Ningres. Le réseau de prestataires est aussi essentiel. Les projets audiovisuels demandent beaucoup d’investissement. Pour les financer, soit tu as beaucoup d’argent, soit tu as beaucoup de bons amis. Par exemple, grâce à ses contacts, on peut obtenir des bons plans ou des tarifs préférentiels pour la location de matériel. Quand on est aussi en bon terme avec un prestataire, il est plus facile de faire appel à lui quand on a des imprévus techniques et qu’il faut intervenir rapidement, peu importe l’heure ou le jour.

Un souvenir.

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Léa Vuillier. Après mon stage, la boite de production d’Universal Music m’a proposé de retravailler pour elle à l’occasion des journées Olympiques à Paris, en tant que prestataires de la mairie de Paris. Nous étions seulement deux à la production pour gérer toute la technique, la logistique et l’administratif et pour manager 14 cadreurs, 6 monteurs et 2 régisseurs éparpillés dans tout Paris pendant ces deux jours. Nous commencions la journée à 8h, pour la finir très tard. Les nuits étaient courtes ! Mais si c’était à refaire, je le referais sans hésiter car j’ai tellement appris durant cette semaine intensive. Et quand on voit le résultat, on se dit que ça en vaut vraiment la peine.

Travailler dans la production, c’est aussi avoir la chance de rencontrer des personnes que l’on pense inaccessibles (acteurs/chanteurs). Pourtant, dans la vie de tous les jours, ce sont des personnes simples, formidables et humaines. Par exemple, Bénabar nous a invité à son concert, Lukas Graham nous a présenté sa fille. Je suis même allée au restaurant avec Michèle Bernier. C’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que cadreurs, ingés son, maquilleurs, producteurs, acteurs, nous sommes tous là pour créer un même et beau projet.

Léa Ningres. En mai dernier, j’ai produit mon premier court métrage dans des conditions professionnelles. Nous avons tourné à Paris et tout était en règle. Nous avons subi quelques problèmes de dernières minutes comme les voisins qui n’étaient pas contents ou bien des travaux dans les rues prévues pour le tournage. Cependant, nous avons réussi à aller jusqu’au bout et le film a été diffusé dans une salle de cinéma en même temps que d’autres courts métrages. La salle était pleine et tout le monde était content. Nous étions fiers de nous. Le cinéma fait rêver et nous ne sommes pas nombreux à pouvoir faire un film. C’est une vraie aventure humaine et une vraie chance de pouvoir y participer.

Un conseil.

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Léa Vuillier.  C’est un secteur où il faut être curieux. Ce n’est pas parce que l’on travaille dans les bureaux, que l’on ne doit pas s’intéresser à toute la partie technique et artistique. Au contraire, il faut savoir comment fonctionne le matériel  utilisé, quelle est la durée d’un montage, quelles sont les conditions de tournage, etc. En tant que producteur, il faut connaître toutes les étapes d’un projet car on a la chance de pouvoir assister à chacune d’elles (production, scénario, diffusion…).

Léa Ningres. Il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer ! Même en temps qu’étudiant, vous trouverez toujours des projets : les étudiants en réalisation ont besoin de gens pour les aider et n’attendent plus que vous. N’acceptez toutefois pas tous les projets, il faut qu’ils vous plaisent d’un point de vue éthique et qu’ils ne vous prennent pas tout votre temps. Un projet bénévole ne peut plus être bénévole à partir de 4 à 5 jours de travail.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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