Sibyle Veil vient d’être nommée à la présidence de Radio France par le CSA pour un mandat de 5 ans. Elle succède à Matthieu Gallet, démis de ses fonctions pour favoritisme.

On n’avait pas vu de femme à la tête de Radio France depuis 1981. Sibyle Veil était la seule candidate féminine et surtout interne à la Maison ronde pour postuler à sa présidence. Et elle a été préférée par le CSA à cinq autres candidats (François Desnovers, Guillaume Klossa, Bruno Delport, Christophe Tardieu et Jérôme Batout). Elle succède ainsi pour un mandat de 5 ans à Matthieu Gallet. Ce dernier a été démis de ses fonctions pour favoritisme lorsqu’il présidait l’Institut National de l’Audiovisuel (INA). Sibyle Veil devient ainsi la 3e femme à la tête de Radio France après Jacqueline Baudrier (années 1970) et Michèle Cotta (début 1980).

« Mme Veil propose un projet stratégique qui, dans l’ensemble de ses propositions, porte une vision ambitieuse et réformatrice pour l’entreprise Radio France. Elle manifeste un grand sens du service public et une attention marquée aux publics, notamment par ses initiatives innovantes pour renouveler et élargir l’accès aux offres éditoriales de Radio France », a indiqué les 5 membres du CSA ayant voté pour Sibyle Veil.

Les défis de Sibyle Veil à Radio France

Si le choix du CSA ne surprend pas, il a le mérite de rassurer les équipes en interne. En effet, la nouvelle présidente faisait partie de l’équipe dirigeante précédente, en tant que directrice des opérations et des finances du média depuis 2015. Tout laisse à penser qu’elle poursuivra les dossiers commencés par son prédécesseur. Elle devrait par ailleurs opérer en tandem avec une figure reconnue dans la maison pour avoir réussi la relance de France-Info, Laurent Guimier, directeur délégué aux antennes et aux contenus de Radio France. Tous deux devront s’atteler à de grands défis avec en première ligne la future réforme de l’audiovisuel public. Prévue par l’Etat fin 2018, cette dernière pourrait déboucher sur le regroupement de Radio France et France Télévisions.

Durant son audition au CSA, Sibyle Veil a mis en avant son souci d’indépendance et sa volonté de travailler en équipe : « il faut préparer Radio France pour qu’elle soit le fer de lance de la mutation de l’audiovisuel public. » Dans ce cadre, la nouvelle présidente a proposé que France Info devienne « le cœur de l’information chaude à l’international ». Autre suggestion : que le service investigation de Radio France coordonne « des enquêtes à l’échelle de toutes les rédactions du service public. »

Radio France Sybile Veil Culture Formation

A la présidence de Radio France pour un mandat de 5 ans, Sybile Veil devra faire face à deux grands défis : la digitalisation de l’audiovisuel et la grande réforme de l’audiovisuel public, souhaitée par l’Etat fin 2018.

Les priorités de Sibyle Veil pourraient être résumé ainsi la « révolution des usages », le positionnement stratégique des antennes, « l’ouverture sur la jeunesse et la création » ainsi que l’ouverture d’un chantier sur « l’éditorial et la production » avec le décloisonnement de certains des 240 métiers.

Le parcours de Sybille Veil avant France Radio

Sibyle Veil est née en 1977 à Langres (Haute Marne). Grande amatrice de musique classique, elle est diplômée de Sciences-Po et titulaire d’un DEA de politique européenne. Elle fait partie de la promotion Senghor de l’ENA, même promotion qu’Emmanuel Macron. Elle y rencontrera son futur époux et père de ses trois enfants, Sébastien Veil, petit-fils de Simone Veil.

Après l’ENA, elle intègre le Conseil d’État. D’abord spécialisée sur le contentieux des marchés publics, elle intègre en 2007 la section des Finances. Elle entre ensuite en juin 2007 à l’Élysée, dans l’équipe qui conseille Nicolas Sarkozy, alors Président de la République. Elle intervient alors sur les questions du travail, de la santé, du logement et des solidarités entre 2007 et 2010. Puis, elle pilote la transformation de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2011. Enfin, elle rentre à la Maison ronde en 2015 pour prendre en charge les opérations et les finances du groupe après une grève de 28 jours contre un plan d’économies.

Devant le CSA, elle a confié :
« S’il y a quelque chose à retenir de mon parcours professionnel ou même de mes études, c’est le fait que j’ai toujours voulu me confronter à des difficultés. C’est un souci d’exigence et aussi une éthique personnelle. »

Mélodie Moulin

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