Diplômée d’un M1 TV/Radio à l’IEJ Paris en 2012, Maeva Damoy a enchainé les piges en télévision pendant cinq ans avant de signer récemment son premier CDI à France 3 Bourgogne. Elle revient sur son parcours et sa vision du journalisme.

Pourquoi devenir journaliste ?

Maeva Damoy. Je trouve que c’est un vrai privilège de pouvoir aller à la rencontre des autres et d’être leur porte-voix. J’adore aller sur le terrain et découvrir chaque jour des pépites, des personnes qui n’ont pas conscience de leur valeur parce que cela leur paraît normal, et de servir de relais pour les faire connaître. Que l’on aime notre travail ou non, chaque rencontre donne lieu à un échange : je reste persuadée que le journalisme, c’est la démocratie.

Comment en êtes-vous arrivé là ?

M. D. J’ai un parcours assez atypique : après un passage par la fac de médecine, j’ai décidé de changer de voie pour devenir journaliste. J’ai suivi un Master en commerce international pour avoir un bagage supplémentaire avant d’intégrer l’IEJ en 3e année entrée directe. À la suite de mon stage de fin d’année chez iTélé, j’ai travaillé quelques années en tant que pigiste pour iTélé, BFM TV et TV5 Monde. Puis, il y a deux ans, j’ai intégré France 3 National à Paris avant de rejoindre la rédaction de France 3 Bourgogne à Dijon.

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Pourquoi choisir l’IEJ Paris ?

M. D. J’ai passé plusieurs concours d’entrée aux écoles de journalisme. Le rédacteur en chef d’Ouest France Nantes, avec qui j’avais travaillé, m’a conseillé d’aller à Paris pour me constituer un réseau plus facilement que dans d’autres villes françaises. Je ne connaissais en effet presque personne dans le milieu et j’ai dû me constituer mon propre carnet d’adresses en allant chercher les opportunités et en profitant des périodes de stages proposées par l’IEJ Paris.

Quelles sont vos missions chez France 3 Bourgogne ?

M. D. Je suis journaliste rédacteur reporter. Mes missions sont assez diverses et s’effectuent la plupart du temps sur le terrain en collaboration avec un JRI et un preneur de son : je réalise des sujets courts ou des formats plus longs pour les JT, je fais aussi beaucoup de directs et des incarnations plateau.

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Pourquoi décider de travailler en région ?

M. D. Travailler dans un bureau n’est pas ma notion du journalisme. Or, à Paris, tout est trop cloisonné, on ne sort presque jamais. On construit des sujets à partir d’images d’agences, on recopie les dépêches et on fait tout dans l’immédiateté. Pour ma part, j’ai besoin d’aller sur le terrain, de voir les choses pour raconter des histoires. C’est pourquoi en région, je m’épanouis complètement car je suis tous les jours dehors pour rencontrer de nouvelles personnes et traiter des sujets très variés.

Pourquoi choisir comme support la télévision ?

M. D. J’ai toujours aimé la télévision et je suis très fière de faire partie de ce monde-là. L’image ne peut pas mentir et nécessite une grande rigueur dans l’écriture. J’aime aussi le fait de travailler en équipe. A la télévision, on évolue en trinôme. On peut confronter ses idées, évoluer grâce aux conseils des autres, contrairement au journaliste de presse écrite, par exemple, qui est seul face à son article.

Un journaliste qui vous inspire ?

M. D. Joël Bigorne, rédacteur en chef à Ouest France Nantes, m’a permis de faire mes premiers pas et m’a donné la passion du journalisme. Cependant, plus qu’une personne, ce sont des métiers peu connus du secteur qui m’ont aidé à devenir un meilleur reporter, car ils m’ont permis de comprendre le fonctionnement d’une rédaction et le travail de fourmis réalisé derrière la caméra et les plateaux.

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De quels métiers parlez-vous ?

M. D. Je pense à toutes ces fonctions de l’ombre mais qui sont indispensables à la bonne tenue d’un journal télévisé. Quand on est rédacteur, on ne se rend pas compte de toutes les contraintes qu’implique la rédaction globale d’un journal. Pour cela, il faut passer par plusieurs postes car, même à l’école, je trouve que l’on ne met pas assez l’accent sur les responsables d’édition, les scriptes, les programmateurs… L’édition est par exemple un poste pivot qui implique de faire un conducteur, de hiérarchiser l’information, de connaître tous les postes techniques, mais aussi de savoir réagir à des situations urgentes et prendre une décision sans l’accord de son chef. C’est grâce à mon expérience en édition que je peux être le reporter que je suis aujourd’hui.

Un conseil pour les étudiants ?

M. D. Devenir journaliste, c’est un peu comme faire un marathon. Il faut y aller à fond et tout donner : beaucoup d’entraînement, ne pas compter ses heures, continuer à se cultiver pour aller plus loin. C’est difficile mais une fois qu’on franchit la ligne d’arrivée, qu’est-ce qu’on est fier ! J’ai eu la chance de courir un marathon de 5 ans avant d’obtenir un CDI à Dijon, où je m’éclate. Mais cela peut prendre plus de temps. Alors n’oubliez pas que la ténacité et les efforts sont toujours récompensés.
Enfin, avant de vous lancer dans le journalisme, renseignez-vous bien sur les différents métiers et les médias. Beaucoup d’étudiants confondent par exemple journaliste et animateur. On ne fait pas une école de journalisme pour passer à la télévision ! Il y a tellement d’autres activités passionnantes à découvrir.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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