Vous êtes déçu par votre formation et souhaitez vous réorienter ? N’attendez pas la rentrée 2017 : certaines écoles proposent une rentrée décalée permettant de rattraper une année scolaire en quelques mois.

Chaque année, un étudiant sur trois inscrits à l’université en 1re année décide de ne pas poursuivre ses études ou de changer de voie*. Pour éviter une année d’errance, de nombreuses écoles proposent les rentrées décalées, c’est-à-dire des programmes accélérés qui permettent de rattraper les cours qu’ils ont manqués sans perdre une année. Apparues il y a près de sept ans, les secondes rentrées sont nées de « la demande des étudiants et des familles qui se sont plaints d’une mauvaise orientation post-bac ou qui ont été déçus par l’université, jugée trop théorique et manquant d’accompagnement », explique Bruno Orsel, directeur à l’ETS, école qui propose des formations de bac+2 à bac+5 dans les domaines du management, de la communication et de la gestion.

Seconde rentrée, comment ça marche ?

Les étudiants commencent leur formation entre janvier et mars, en fonction des écoles. Ils suivent alors un cursus accéléré qui comprend le même nombre d’heures de cours, les mêmes programmes, les mêmes intervenants et les mêmes épreuves d’évaluation que leurs camarades rentrés en octobre. Pour rattraper le retard, les cours se poursuivent jusque tard dans l’été (jusqu’à fin juillet selon les établissements) et peuvent être suivis par un stage en entreprise. Les étudiants intègrent ensuite la promotion dite « classique » avec une rentrée en octobre et obtiendront leur diplôme en même temps que les autres. Ils auront ainsi gagné une précieuse année !

A formation accélérée, rythme soutenu

Vous l’aurez compris, une rentrée en mars n’est pas de tout repos. Entre une année de cours à rattraper en quelques mois et un stage, les vacances d’été risquent d’être très courtes, voir inexistantes… A l’ECS Paris (école de communication), par exemple, les semaines comptent 40 heures de cours contre une vingtaine pour ceux qui commencent en octobre.

« Au début, j’avais peur que la formation soit trop rapide. Au final, tout s’est bien passé. Il suffit de se mettre dans le bain dès le premier jour. En plus, les professeurs nous accompagnent. Le rythme, c’est un challenge à relever. Ça met une pression positive qui nous permet d’avancer », témoigne Mathilde Correia.

Cette étudiante en deuxième année de BTS Assistant Manager à l’ETS a quitté l’université car « la fac ne me convenait pas. Je me sentais livrée à moi-même. Grâce à la rentrée de mars, j’ai pu reprendre ma scolarité et avoir confiance en moi ».

Conseils pour réussir son entrée décalée

« Il n’y a pas de miracle : il faut travailler », conseille Julie Mleczko, rédactrice en chef à Studyrama. Une idée partagée par Bruno Orsel, qui précise qu’il s’agit avant tout d’un « investissement personnel ». Tout est fait pour les accompagner dans cette épreuve. « Nous mettons en œuvre tout notre savoir-faire, explique le directeur de l’ETS. Dans l’élaboration du parcours, nous partons sur trois critères :

  1. les étudiants ne viennent pas de nulle part. Pendant les mois précédents, ils ont continué à avoir une démarche intellectuelle à travers diverses formations ;
  2. des petits effectifs permettent une pédagogie plus rapide avec une meilleure interaction entre étudiants et professeurs ;
  3. nous décalons la fin des cours le plus tard possible en été. »

Une charge de travail donc importante mais qui porte ses fruits : de nombreux étudiants ayant choisi cette voie deviennent majors de promotion. « Ils se sont trompés une fois. Ils savent désormais ce qu’ils veulent et donnent tout ce qu’ils ont », analyse Julie Mleczko.

La rentrée de mars, c’est pour tous les profils

Si la plupart des étudiants qui intègrent les rentrées décalées sont des « déçus » de l’université à la recherche d’un autre mode pédagogique plus axé sur la pratique, la seconde rentrée ne s’adresse pas seulement aux premières années. Certains établissements, comme l’IEJ Paris (école de journalisme), recrutent en mars des étudiants titulaires d’un bac +2 pour intégrer directement la 3e année du cursus. Dans ce cas, des compétences dans le domaine choisi peuvent nécessaires. Concernant les qualités requises, la motivation l’emporte sur tout. L’étudiant doit aussi être capable de supporter une grande capacité de travail, savoir s’adapter, être réactif et mature dans sa scolarité.

Comment s’inscrire à la seconde rentrée ?

Ce n’est pas parce que la date de rentrée n’est pas la même que les autres que le processus de sélection ne sont pas identiques. « Les étudiants qui entrent en mars passeront la même formation et auront le même diplôme que les autres entrés en octobre. Nous sommes par conséquent dans la même dynamique de recrutement », argumente Bruno Orsel. Les épreuves de sélection sont propres à chaque école. Ainsi, à l’ETS, tous les étudiants doivent présenter un dossier de candidature avec leurs notes antérieures. Ils passeront ensuite un test de culture générale, une épreuve d’anglais et un entretien de motivation.

Afin de choisir votre formation, « il est important de ne pas vous précipiter », prévient Julie Mleczko. Bien que vous avez quelques semaines pour vous réorienter, il ne s’agit pas d’intégrer une nouvelle fois un cursus qui ne vous correspond pas. Vous seriez bon pour une nouvelle orientation en septembre. Rendez-vous donc dans les salons et les JPO des écoles !

Une rentrée décalée en alternance, c’est possible ?

Déjà réputée rythmée dans une scolarité au calendrier classique, l’alternance est tout à fait accessible aux étudiants ayant choisi la rentrée de mars avec une bonne organisation et de la rigueur. Les avantages sont nombreux : les frais de scolarité pris en charge par l’entreprise, un salaire mensuel pour l’étudiant, une formation professionnalisante… La difficulté réside dans la recherche d’une entreprise d’accueil.

*Selon l’enquête « Parcours et réussite aux diplômes universitaires » publiée par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en février 2016.

Mélodie Moulin

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