En plus de rattraper une année scolaire en quelques mois, la rentrée décalée permet aussi d’acquérir une expérience professionnelle grâce à l’apprentissage.

L’aspect trop théorique des formations. Voici l’une des raisons qui poussent les étudiants à se réorienter. Déçus de l’enseignement à l’université qui ne permet pas de mettre la main à la patte rapidement, ils se tournent alors vers les écoles spécialisées qui ont la particularité d’allier enseignements théoriques et pratiques, visant à apprendre un métier. Pour éviter aux étudiants en réorientation de perdre une année, certaines proposent des rentrées décalées, c’est-à-dire des formations en accéléré de quelques mois avec une rentrée en mars. Dans un grand nombre de ces cursus, il est même possible de faire de l’alternance.

Pour quoi faire de l’alternance ?

Cette pratique qui consiste à succéder périodes d’apprentissage en cours et périodes de travail en entreprise a plusieurs avantages :

  • L’étudiant peut mettre directement en application ce qu’il a appris en cours dans une mise en situation réelle, garantissant une formation très professionnalisante ;
  • Les frais de scolarité sont gratuits pour l’étudiant puisqu’ils sont pris en charge par l’entreprise ou autres organismes ;
  • Le jeune bénéficie d’un salaire mensuel tout au long de sa formation en alternance, soit un pourcentage du SMIC en fonction de son âge et de son niveau d’études ;
  • Une fois diplômé, il peut faire valoir sur son CV une expérience significative. Atout non négligeable aux yeux des recruteurs.

Rentrée décalée + alternance = un combo impossible ?

En temps normal, suivre une formation en alternance nécessite une grande capacité de travail et une organisation sans faille. Il faut en effet réussir à combiner ses missions en entreprise aux cours et aux devoirs à la maison. Une cadence pas toujours évidente à suivre. Il est légitime de se demander s’il est possible d’additionner ce rythme intense à celui tout aussi chargé d’une rentrée en mars. Bruno Orsel, directeur de l’ETS, école dispensant des BTS en alternance et en initial dans le domaine du commerce, de la gestion et de la communication, assure que « ce n’est pas plus compliqué qu’avec une entrée en octobre ». Les étudiants qui l’ont testé confirment.

« C’est vrai que l’emploi du temps est très chargé, estime Mathilde Correia, assistante manager en alternance chez Fraikin et étudiante à l’ETS. Nous sommes en entreprise du lundi au mercredi et en cours les jeudis et vendredis, de 8h à 18h. Les professeurs sont là pour nous aider et nous encadrer. Nous avons terminé les cours dans les temps à la fin du mois de juillet. J’ai ainsi pu rattraper un an tout en travaillant au siège d’une entreprise. Ça aide à grandir. »

Trouver son entreprise d’accueil avec une rentrée en mars

Convaincu par l’alternance ? Il ne vous reste plus qu’à trouver l’entreprise ! Une tâche malheureusement très difficile en dehors des périodes classiques de recrutement… Détrompez-vous, certains recruteurs sont à la recherche de jeunes talent tout au long de l’année. Pour Michaël Binisti, directeur de la cellule alternance au groupe IPF, « les entreprises n’ont aucun mal à recruter en mars car elles renouvellent généralement leur budget de recrutement en début d’année. Mais le vrai avantage pour elles est leur investissement moindre de par la plus courte durée du contrat (18 mois au lieu de 24). »

Les étudiants de la rentrée décalée bénéficient au même titre que les autres de l’accompagnement des services dédiés dans chaque établissement. « On leur apprend à solliciter les entreprises, on leur propose des offres et envoyons leur CV comme dans un cabinet de recrutement », précise Michaël Binisti. Rappelons toutefois que la recherche d’une entreprise est avant tout une démarche personnelle et prend du temps. Si vous souhaitez effectuer votre rentrée de mars en alternance, il est conseillé de démarrer vos recherches le plus rapidement possible. « Dès le retour des vacances de fin d’année », selon Bruno Orsel.

Et si je n’ai pas trouvé d’entreprise d’accueil ?

Pas de panique ! A l’instar des écoles du groupe IPF, la plupart des établissements proposent leurs formations en initial et en alternance. « Il est tout à fait possible de suivre la première année du cursus en format classique et de trouver une entreprise pour la rentrée suivante », rassure Michaël Binisti.

D’autant que l’alternance n’est pas une formule adaptée à tous. « Je crois en ces deux formes d’études car selon les profils, certains sont plus faits pour l’initial et d’autres pour l’alternance. Nous procédons au cas par cas en fonction des motivations et des compétences de chacun. Je recommande par exemple aux jeunes ayant quelques lacunes de partir sur des bonnes bases en initial », précise Bruno Orsel.

Alors, alternance ou non ? C’est un choix personnel qui doit prendre en compte votre maturité, votre motivation, votre niveau et votre capacité à endosser une grande charge de travail.

Mélodie Moulin

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