Les mots « réalité virtuelle » et « réalité augmentée » ne vous sont pas étrangers ? Pourtant, si ces technologies ont le vent en poupe, peu sont capables aujourd’hui d’expliquer la différence entre les deux.

Bien calé au fond de votre siège, les mains sur le volant, vous conduisez une sublime Ferrari sur un circuit de Formule 1. Sous le capot, le moteur rugit. Votre siège vibre en réponse à la vitesse exponentielle du bolide. Soudain, vous braquez violemment à gauche pour éviter une voiture concurrente sous les cris du public. Vous vous y croyez et pourtant vous n’êtes pas devenu le successeur d’Alain Prost (désolée !). Votre immersion totale dans cet univers n’est due qu’à un casque que vous portez sur la tête et un siège électrique qui bouge en fonction de vos mouvements. Alors, réalité virtuelle ou réalité augmentée ?

La réalité virtuelle (VR) ou l’immersion dans un autre monde

Comme son nom l’indique, la réalité virtuelle vise à immerger son utilisateur dans un monde virtuel, une autre réalité en trois dimensions dans laquelle il est possible de se déplacer et d’interagir. Cette nouvelle technologie s’utilise aujourd’hui avec un casque qui va créer une simulation se rapprochant le plus possible de la réalité, en utilisant la technologie dite de spatialisation sonore. Cette dernière permet d’entendre les sons en 3D et de les localiser devant, derrière ou à côté pour avoir une impression de distance.

Le casque Occulus permet d'être en immersion dans un univers virtuel.

Le casque Occulus permet d’être en immersion dans un univers virtuel.

Bien que le jeu vidéo (avec notamment la sortie le 13 octobre 2016 du casque PlayStation VR) semble le secteur le plus à même de développer la VR, la technologie s’étend aussi à d’autres domaines d’application. Les agences immobilières, comme Nexity à Lyon, s’en servent par exemple pour proposer une nouvelle expérience client : les futurs acquéreurs, équipés d’un casque Oculus Rift, peuvent visiter à 360° plusieurs habitations et leur quartier en quelques minutes depuis l’agence. Dans le domaine de la santé, les médecins ont expérimenté cette nouvelle technologie pour traiter entre autres les phobies de leurs patients.

2017 étant annoncée comme l’année de la réalité virtuelle, la technologie présente toutefois quelques défauts qui rebutent encore le grand public :

  • L’équipement (casque, casque audio, manettes, gants…) est encore trop contraignant. Le casque peut peser jusqu’à 700 g et gêne les mouvements de l’utilisateur ;
  • le coût du matériel est jugé encore trop élevé : un casque Occulus Rift, HTC Vine ou encore PlayStation VR peut coûter jusqu’à 1 000 € ;
  • le temps de latence entre le mouvement de la tête et son affichage à l’écran, bien que de plus en plus faible, peut engendrer des effets indésirables tels que la nausée ou les maux de tête ;
  • enfin, la VR est aujourd’hui trop passive et relève plus de la découverte. Le défi de demain sera de créer une véritable interaction avec l’utilisateur.

La réalité augmentée (AR) ou le pouvoir d’être omniscient

Le casque Hololens de Microsoft permettrait d'être aider pour faire des réparations à distance.

Le casque Hololens de Microsoft permettrait d’être aidé pour faire des réparations à distance.

Tandis que la réalité virtuelle nous envoie la tête dans les étoiles, la réalité augmentée nous garde les pieds sur terre. Cette dernière technologie utilise le monde réel pour y afficher des informations (en 2D ou 3D) avec lesquelles l’utilisateur peut interagir. Les données se superposent à notre vision du monde par le biais d’un appareil spécifique (casques, lunettes, smartphones ou autres écrans). Par exemple, le pilote d’avion peut visualiser sur le pare-brise de son appareil des informations comme le nom de la ville qu’il survole ou encore la vitesse et la direction d’un engin volant au loin. La réalité est ainsi augmentée d’informations digitales.

La réalité augmentée peut s’appliquer dans des domaines très larges comme celui de la culture, du loisir, de l’automobile ou de l’aérospatiale. Fondée en 2015, la start-up Opuscope propose par exemple de dynamiser les visites dans les musées en donnant des informations supplémentaires sur les œuvres d’art. De son côté, la marque Timberland a lancé sa « cabine d’essayage en vitrine ». Grâce à un écran, le client peut essayer sans se déshabiller les habits présents dans la boutique. Dans la même optique, l’Acep, spécialise des solutions de prise de mesures optiques, a lancé en 2015 une application « Mes lunettes » sur smartphone permettant d’essayer des montures par le biais de son téléphone.

Bien que la technologie en matière de réalité virtuelle soit aujourd’hui plus avancée que la réalité augmentée, il y a fort à parier que cette dernière sortira du lot car elle permet une meilleure interaction avec le reste du monde et s’affranchit plus largement du matériel. Un pari que fait Tim Cook, le directeur général d’Apple : « Nous sommes tous des personnes sociales dans nos cœurs, même ceux d’entre nous qui sommes introvertis. Nous voulons interagir. Donc je pense que c’est probable que des deux [technologies], l’AR soit celle qui ait le plus de chances de voir un grand nombre de gens s’engager avec elle », a-t-il déclaré lors d’une session de questions-réponses accordée à la communauté tech de l’Utah fin septembre 2016.

La réalité mixte ou le mélange des deux

Et si l’on créait une technologie capable de mixer la réalité virtuelle à la réalité augmentée ? C’est justement l’objectif de la réalité mixte qui permet de superposer via un casque des informations digitales à la réalité tout en insérant des éléments virtuels. Le casque Hololens de Microsoft est l’un des exemples les plus représentatifs. Une application permettrait notamment de simuler le relooking de votre appartement. Grâce à la bonne détection de l’espace en 3D de Hololens, vous pourriez visualiser votre pièce avec un parquet flottant et les murs peints en jeune, bleu, violet, orange… En partenariat avec des fabricants de meubles, l’application pourrait aller plus loin et permettre d’ajouter à la simulation du mobilier, mettant fin aux éternelles disputes « je te dis que ça ne rentrera pas ». Une fois les équipements achetés, une autre application pourrait vous indiquer les étapes à suivre pour les monter en affichant virtuellement les manipulations à effectuer.

Alors, votre expérience en tant que pilote de F1, réalité virtuelle ou augmentée ?

Mélodie Moulin

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