Le documentaire « Nothing to hide » sera mis en ligne sous licence Creative Commons, ce samedi 30 septembre. Son sujet ? La collecte des données numériques et les conséquences de la surveillance de masse. A voir !

« Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit. » Cette citation presque devenue un dicton rappelle que les géants du web nous proposent leurs services en contrepartie de nos informations (données). Ceci pour leur propre utilisation et/ou pour les revendre aux agences de renseignement. Internautes, nous sommes ainsi surveillés au quotidien sans que nous nous en rendions compte ou sans que cela ne nous dérange car « nous n’avons rien à cacher ». Ce n’est cependant pas parce que vous êtes « clean », que vous n’avez pas le droit à une vie privée, comme nous l’expliquait Eric Leandri, co-fondateur de Qwant.

C’est dans ce contexte que Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic ont décidé d’alerter des conséquences de la surveillance de masse, à travers le documentaire « Nothing to hide ». Pendant un an, les journalistes ont interviewés une vingtaine d’experts et de témoins pour comprendre ce qu’implique la récolte des données et leur utilisation. Au programme, un casting (juristes, lanceurs d’alerte, hackeurs, chercheurs, militants) impressionnant et des interviews pertinentes avec l’intervention de Stéphanie Hankey de Tactical Technology, Thomas Andrew Drake ancien de la NSA et lanceur d’alerte, Jérémie Zimmermann de la Quadrature du net, Fabrice Epelboin enseignant à Sciences Po et ancien Owni ou encore le hacker Claudio Agosti.

Surveillance de masse : ce que l’on peut savoir sur vous

Le fil conducteur du film est une expérience, celle d’un jeune artiste (Mister X) qui pense n’avoir pas grand-chose à cacher. Il accepte que l’on place un logiciel espion dans son smartphone et son ordinateur pendant un mois. L’étude de cas se concentre sur les métadonnées ainsi récoltées, c’est-à-dire les données des données (l’heure de connexion sur Facebook, la géolocalisation sur l’iPhone ou encore la fréquence des communications dans sa liste de contact).

Les métadonnées ont pour particularité de ne pas prendre en compte le contenu des messages. Elles sont ainsi annoncée comme plus protectrice de la vie privée. Les dispositifs de surveillance Web de la loi relative au renseignement adoptée en France en 2015 reposent d’ailleurs sur ce genre de données. Pourtant, à la fin de l’expérience, les réalisateurs sont capables, à partir de ces informations, de dessiner une cartographie complète des déplacements de Mister X ainsi que le détail précis de son mode de vie et ses fréquentations.

L’équilibre entre sécurité et liberté

Ces informations peuvent vous sembler anodines : ce que vous faites n’intéresse personne ! Cependant, il se pourrait qu’un jour ces données puissent être utilisées contre vous, à l’image des protagonistes du documentaire qui ont été victimes de la surveillance. Comme exemple récent, retenons notamment les 24 militants écologistes assignées à résidence pendant la COP21 pour des « raisons de sécurité ».

edward snowden vie privée culture formations

Se pose alors la question de l’équilibre entre la sécurité et la liberté. Sans tomber dans la paranoïa, les intervenants nous invitent à la prudence. « Tous les mécanisme pour mettre en place un état policier sont en place », interpelle un intervenant. Le parallélisme est ainsi fait entre les dispositifs existants au nom de la lutte contre le terrorisme et la dictature inventée par Georges Orwell dans le roman 1984, mais aussi entre la Stasi de la RDA qui voulait « tout savoir » et la NSA qui veut « tout collecter ».

Où voir « Nothing to Hide » ?

documentaire rien à cacher surveillance masse

Bref, le documentaire de 86 minutes est complet et très bien réalisé. Si vous souhaitez le voir, sachez qu’il est diffusé un peu partout en France jusqu’en novembre et sera en libre visionnage en ligne à partir du 30 septembre. Prochaine séance au cinéma Saint-André-des-Arts à Paris le 3 octobre à 13 heures.

Mélodie Moulin

Découvrez nos dossiers sur l'univers du digital

transformation digitale ecole formation numerique web culture formations

En savoir plus
Article précédent Article suivant