Une étude de Reuters Institute montre que moins d’un Français sur trois fait confiance totalement aux médias. Le rapport fait aussi le point sur les nouvelles pratiques pour s’informer comme les messageries instantanées et les assistants vocaux.

Les fake news et les algorithmes ont eu raison du peu de crédits qu’attribuaient les Français aux médias. D’après l’étude Digital News Report 2017 de Reuters Institute, seulement 30 % des personnes interrogées déclarent avoir confiance aux actualités. Il faut dire que les événements récents comme les élections présidentielles aux Etats-Unis mais aussi les attentats et la multiplication des fausses informations sur la toile ont de quoi faire douter de l’impartialité des faits analysées par les journaux. Le phénomène de méfiance n’est toutefois pas nouveau comme le précise le rapport :

« Le Web et les réseaux sociaux ont pu contribuer à exacerber la perte de confiance dans les médias, mais celle-ci s’est nourrie dans de nombreux pays de fondements préexistants qui se sont progressivement enracinés. »

29 % des Français ne s’informent pas volontairement

Le taux de méfiance élevé des Français vis-à-vis des médias classe l’Hexagone 32e pays sur 36. En comparaison, les Etats-Unis se placent 28e avec 38% de la population qui fait confiance aux journaux. Le Royaume-Uni est 17e avec 43%. Notons toutefois que seulement six pays dépassent la barre symbolique des 50 % : la Finlande (62%), le Brésil (60%), le Portugal (58%), la Pologne (53%), les Pays-Bas et l’Espagne (51% chacun).

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Certaines personnes interrogées vont même jusqu’à ne pas s’informer volontairement. C’est notamment le cas de 29 % des Français, 57% des Turcs et Grecques et 38 % des Américains. Les raisons de ce rejet sont multiples. La moitié d’entre eux estiment que les actualités auraient un impact négatif sur leur humeur. Deux sur cinq indiquent être méfiants vis-à-vis des informations et ne pas être sûrs de leur exactitude. Enfin, 28% les évitent car ils se sentent trop impuissants face à elles.

Le poids des messageries instantanées

L’étude révèle également de nouveaux usages induits par l’utilisation plus importante du mobile. On constate ainsi la montée en puissance des messageries instantanées (Facebook Messenger, WhatsApp) comme outils de partage de l’information. 23% des personnes sondées affirment en effet les avoir inclus dans leur pratique régulière. Reuters Institute constate aussi l’utilisation croissante des alertes et autres notifications pushs des éditeurs. Ce qui renforçant ainsi le poids du smartphone dans le trafic Internet et l’augmentation de l’utilisation des applications.

Enfin, le rapport note l’impact des nouveaux assistants vocaux (Google Home, Alexa d’Amazon, etc.) dans les pratiques de consommation de l’information dans les pays où ils sont disponibles. Ainsi, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, les services audio pour s’informer dépasse ceux des montres connectées. Un développement qui pourrait « contribuer à faire d’Amazon la 4e plus grande plateforme de diffusion d’actualités ».

Mélodie Moulin

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