Qui a dit que les femmes ne pouvaient pas travailler dans le numérique et innover ? Portraits de femmes qui ont fait le choix d’intégrer le digital dans leur parcours professionnel.

Elles ne sont pas nombreuses à travailler dans le secteur du numérique (un tiers seulement des salariés). Pourtant, quand elles sont impliquées dans le digital, les femmes sont passionnées et ont à cœur de faire bouger les lignes. La preuve par l’exemple :

  • Sévérine Navarro souhaite introduire l’analyse du big data dans le secteur du cosmétique ;
  • Laurence Darbonnel est persuadée que les nouvelles technologies ont un rôle à jouer dans l’expérience client ;
  • Maud Bailly a pour mission de mener à bien la transformation digitale du groupe AccorHotels.

Mais avant les portraits, nous avons interrogé à l’occasion de la journée de la femme digitale, Stéphanie Gavardin, qui prendra le poste de directrice de la communication d’Arte France à partir du 3 avril 2017. Elle nous donne sa vision de la place des femmes dans le digital. Selon elle, les femmes souffrent encore trop de préjugés, surtout de stéréotypes. Elle propose de pallier ce problème grâce à l’éducation, dès le plus jeune âge.

Le digital au service du cosmétique

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Ce qu’elle fait ?

« Mon rôle est d’évaluer les produits cosmétiques (maquillage et soin) d’un point de vue sensoriel (c’est-à-dire la texture, le toucher, l’odeur, etc.) et en fonction du résultat sur la peau. Pour cela, nous récupérons les données de femmes qui testent les produits dans notre laboratoire et chez elles. Mon travail permet ainsi d’améliorer les produits tout en vérifiant qu’ils répondent aux normes imposées mais aussi d’intervenir en amont pour comprendre les attentes des clientes et leur proposer de nouvelles gammes. »

La place du digital dans le cosmétique ?

« Le numérique n’est pas encore bien ancré dans le secteur du cosmétique mais on sent que ça arrive. On peut très bien imaginer dans les années à venir le développement de la réalité virtuelle, des applications pour prendre des selfies dont la qualité permettrait d’analyser la peau, des produits connectés comme des masques ou des devices pour obtenir des informations sur la qualité de la peau. C’est pourquoi il ne faut surtout pas rater ce virage ! »

Ses actions ?

« Dans mon métier, je dois déjà traiter de nombreuses données mais je voulais aller plus loin. Pour cela, j’ai fait une formation en data strategy à Mediaschool Executive Education. Mon objectif était de compléter ma connaissance des produits et l’analyse des statistiques que nous faisons déjà, avec une véritable stratégie de traitement des données pour les centraliser et en créer de la valeur ajoutée. On a eu des retours d’expérience d’Orange ou encore de Carrefour, et ça marche ! Aujourd’hui, nous n’avons pas la structure adéquate. J’aimerais utiliser mes nouvelles compétences pour la mettre en place et pourquoi pas occuper le poste de chief data project manager. »

Le digital au sein du marketing

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Ce qui lui plaît dans son travail ?

« J’adore tout ce qui touche à l’innovation et à la santé. Dans le domaine de l’optique, grâce à la technologie, nous avons pu moderniser les points de vente. Surtout, nous avons totalement transformé le parcours client grâce à des applications et autres objets connectés. Par exemple, avec le casque de réalité virtuelle, Hoya Vision Simulator, le client peut se rendre compte de la vision que lui octroieront ses futures lunettes. Ces outils ont changé totalement la donne : les opticiens sont valorisés aux yeux de leurs clients. Ils peuvent mieux orienter leurs recommandations aux porteurs de lunettes. »

Ses actions ?

« J’ai très vite été curieuse et volontaire pour intégrer le digital dans la stratégie marketing et communication de l’entreprise. Cela passait par une phase de formation approfondie car il s’agit d’un domaine complexe et exigeant. J’ai donc suivi l’Executive Mastère Communication, Marketing et Transformation Digitale à Mediaschool Executive Education. J’ai notamment appris l’’importance du digital pour transformer une marque en un vrai média. La création de contenus de qualité et ciblé et le storytelling permettent une nouvelle approche constructive du consommateur qui revient au centre. »

La transformation au-delà de la communication ?

« Ma formation a été très enrichissante. Elle m’a donné envie de relever toujours plus de nouveaux challenges. J’ai compris que mes compétences en digital doivent dépasser l’approche marketing et permettre de transformer les process au sein de l’entreprise pour travailler ensemble et être plus tourné vers la satisfaction client. »

Le digital intégré dans la stratégie de l’entreprise

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Sa mission ?

« J’ai la chance de rejoindre le comité exécutif où je m’occuperai de la transformation digitale et de la gestion de toutes les équipes en charge du système d’information, de tout le réseau de vente et de distribution. C’est un périmètre vaste et qui a des enjeux pluriels de transformation du business model car nous sommes dans une hôtellerie traditionnelle concurrencée par de nouveaux acteurs comme Booking ou Expedia qui posent la question de l’intermédiation mais aussi des acteurs qui proposent un nouveau type d’expérience de nuitée à l’extérieur de chez soi, comme Airbnb. Ce qui est intéressant, c’est de comprendre comment le digital va servir l’accompagnement de ces bouleversements. Pour moi, le numérique a deux aspects : un facteur de déstabilisation pour un business model traditionnel tout en offrant de formidables opportunités pour enrichir la relation client et personnaliser l’expérience. »

Sa vision du rôle de CDO ?

« Un bon CDO doit aller voir ses collaborateurs, les mettre autour de la table, bâtir des passerelles et être très pédagogique pour faire comprendre l’importance du digital à des personnes qui pourraient être réfractaires et qui voient le numérique comme un centre de coût supplémentaire. Il faut voir comment ça peut nous permettre de nous améliorer. Le digital n’existe pas en tant que tel, il est au service de quelque chose : soit d’un business model opérationnel soit de l’évolution d’un métier. Ainsi, à terme, si tout se passe bien, dans 10/15 ans, la transformation digitale sera intégrée dans la stratégie de l’entreprise et on n’aura plus besoin de CDO. »

Pourquoi faut-il se former au digital ?

« C’est une hygiène de vie. Il faut s’y former car c’est la clé de compréhension de notre environnement qui évolue. Le digital soulève également de nombreuses questions autour de la société, sur le marché du travail, le rapport à la fiscalité, le rapport à l’avoir mais aussi à l’éducation. Qu’on travaille ou pas dans le secteur, il faut se tenir informé. Pour moi, l’école devrait former au digital au même titre qu’elle enseigne l’économie ou le droit. »

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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