Si l’expérience est un atout non négligeable dans le domaine de la communication, elle n’est pas nécessaire pour faire preuve de créativité et de talent. Des jeunes lycéens, étudiants et créatifs ont prouvé qu’ils pouvaient réaliser des publicités dignes des plus grands professionnels, à l’instar d’Eugen Merher, étudiant de 26 ans, dont la fausse publicité pour Adidas a enflammé la toile.  

Un ancien champion de marathon est enfermé dans une maison de retraite pour y passer ses vieux jours. Alors qu’il retrouve ses vieilles baskets Adidas, il ne rêve plus qu’à une chose : les rechausser et redevenir libre. Malheureusement, le personnel de la maison de retraite ne l’entend pas de cette oreille et l’empêche par tous les moyens de sortir. Les autres résidents vont alors aider le sportif à réaliser son rêve. Telle est l’histoire émouvante qu’a mise en scène l’étudiant à l’école Filmakademie Baden Württemberg, à côté de Stuttgart (Allemagne), Eugen Merher.

Postée sur les réseaux sociaux en novembre 2016, la vidéo a fait son bonhomme de chemin sur Internet et comptabilise plus de 9 millions de vues. Avec un budget de seulement 3 500 €, soit quarante fois moins que ce qu’aurait investi une grande marque dans un tel projet, le jeune créatif a prouvé qu’il était possible de créer des publicités efficaces avec peu de moyens. Face à cet indéniable talent, de nombreuses agences de communication ont proposé des offres d’emploi au jeune homme. L’équipementier sportif, après avoir refusé sa vidéo dans un premier temps, lui a même proposé un stage. Le jeune homme a décline toutes ces offres : il souhaite avant tout terminer ses études et préférerait rester free-lance.

Les internautes trompés par une fausse pub de John Lewis

L’histoire de Eugen Merher n’est pas un cas isolé. D’autres jeunes créatifs ont déjà été repérés sur la toile grâce à leur initiative. Ainsi, en décembre 2016, c’est un lycéen de 17 ans, Nick Jablonka, qui enthousiasmait la toile avec son court-métrage « The Snowglobe ». La vidéo d’1m30 met en scène un bonhomme de neige solitaire rêvant d’amour et de magie. Publiée en juin 2016, il a fallu attendre novembre pour que les internautes du Royaume-Uni la découvrent et la prennent pour la nouvelle publicité de John Lewis, toujours très attendue à l’approche de Noël. Il faut dire que la vidéo contient tous les codes des fameuses publicités de la marque : un musique qui porte l’histoire (ici « Follow You, Follow Me » de Vapor featuring Adaline) mais aussi une histoire poétique et touchante. Ajoutez à cela le titre (« John Lewis Christmas Advert »), tous les éléments étaient réunis à une différence près : le clip a été réalisé en seulement deux semaines dans le cadre d’un projet étudiant.

Les qualités indéniables du court-métrage ne sont bien entendu pas passées inaperçues auprès des professionnels de la communication. Sophie Raine, directrice de l’agence W communications, lui a d’ailleurs proposé un poste. Malgré son manque d’expérience en agence, sa vidéo reflète un « talent brut et une compréhension innée de la façon dont la création de contenu aide les marques à créer un lien émotionnel avec le consommateur« , a-t-elle expliqué dans les colonnes de The Huffington Post.

Un jour, une publicité

Les initiatives des jeunes pour sortir du lot dans le secteur de la communication sont nombreuses. Il faut dire que dans un monde concurrentiel, où les agences manquent de temps pour trouver la perle rare comme nous l’explique Matthieu Lévy-Hardy, il est primordial de se démarquer à travers des opérations innovantes. Solomon Tsitsuashvili s’est ainsi lancé le défi de créer un print publicitaire par jour pendant un an, en s’inspirant de grandes marques (Pringles, Snickers, Airbnb, Ikea, etc.). Ce projet ambitieux, intitulé 365daysofcopy, est visible sur les réseaux sociaux et notamment sur la page Facebook du jeune homme.

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Mélodie Moulin

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