L’un des nouveaux visages des chaînes RMC Sport, Flora Moussy revient sur son quotidien de journaliste et sur les spécificités de la branche sportive.

Quelles sont vos missions chez RMC Sport ?

J’exerce trois activités principales :
– Le lundi soir, à 20h45, je co-anime avec Saber Desfarges l’émission « Footissime », en prime time et en public. Pendant deux heures, nous lançons les sujets, posons des questions aux consultants, faisons réagir le public, etc.
Le week-end, je présente seule l’omnisport. Je fais le passe-plat entre les différents éléments et fait par exemple le lien entre le match de basket qui vient de passer et celui de rugby qui va arriver.
– Enfin, un jeudi sur deux, je présente en bord de terrain la League Europa, ce qui permet de faire beaucoup d’interviews post-match.

Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ?

J’ai la chance de ne pas travailler sur un seul sport et donc de ne pas faire régulièrement la même chose. Ce que j’apprécie surtout, et c’est ce que je recherchais en faisant ce métier, c’est le fait d’aller à la rencontre des sportifs et de découvrir leur quotidien. Avec l’émission footissime, nous avons l’occasion de voir une autre facette du sportif, c’est-à-dire tout ce qui se passe en amont du match : les entraînements, la préparation, leur ressenti, leurs relations avec les co-équipiers et les coachs. Quand on a des invités, on les pousse à évoquer d’autres choses que ce dont ils parlent habituellement. C’est ce qu’il y a de plus intéressant pour moi.

Est-il difficile d’évoluer dans le milieu du sport en étant une femme ?

J’ai de la chance car, au travail, je n’ai jamais été trop confrontée au sexisme. En tout cas, les réflexions désagréables viennent plus des supporters que de mes collaborateurs. Je trouve, au contraire, que c’est un atout d’être une femme dans une rédaction. D’abord, parce que nous sommes moins nombreuses, c’est donc plus facile de faire la différence. Ensuite, parce que nous apportons un autre regard que les hommes. Ces derniers s’intéressent plus à ce qui se passe sur le terrain tandis que nous, nous allons pousser un peu plus loin en cherchant à connaître ce qui se passe dans les coulisses.

Le journalisme de sport est-il un secteur bouché pour les jeunes journalistes ?

Quand je suis sortie de l’école, il y a cinq, c’était un marché avec encore peu de demandes. Il n’existait pas beaucoup de formations spécifiques au sport. Aujourd’hui, la concurrence est de plus en plus rude. Même pour nous qui sommes dans le milieu depuis quelques années, c’est difficile de se faire une place. C’est devenu un métier populaire et pour réussir, il faut travailler très dur et savoir se démarquer en ayant un petit truc en plus. Heureusement, il y a la création de nombreux médias et de nouveaux postes qui permettent d’absorber un peu le flux.

Grégoire Margotton, à son arrivée à TF1, a avoué qu’il devait « apprendre à faire de la TV avec peu de moyens ». Est-ce aujourd’hui le cas pour toutes les chaînes sportives ?

Cela dépend bien sûr des chaînes. Mais elles ont toutes beaucoup d’ambition et n’hésitent pas à investir énormément d’argent pour acquérir les droits de diffusion de certaines compétitions, notamment en football. Le budget est par conséquent réduit pour la partie éditoriale pure et la réalisation. Pour autant, les exigences restent les mêmes. Nous sommes alors amenés à beaucoup travailler pour répondre aux exigences tout en n’ayant pas les moyens financiers à la hauteur de ce que nous pourrions réaliser.

Comment imaginez-vous l’avenir des chaînes sportives ?

C’est très compliqué de se projeter dans plusieurs années à cause, notamment, des droits de diffusion. Par exemple, quand les droits de la ligue 1 seront réévalués, si RMC les perd, que va devenir la chaîne ? Quand on travaille pour une chaîne sportive, on avance saison après saison, le foot étant la référence. C’est certes challengeant mais aussi très stressant. Même en ayant un CDI, on se demande toujours ce que l’on va faire l’année prochaine.

Comment avez-vous commencé votre carrière de journaliste ?

Je voulais travailler dans l’univers du sport alors j’ai choisi l’une des seules écoles qui proposaient une formation en journalisme de sport, l’IEJ Paris. Ce qui m’a plu dans cette école, c’est son côté pratique. Je ne voulais surtout pas apprendre le journalisme en étant assise à un bureau et prendre des notes. Je voulais aller sur le terrain pour savoir si j’étais faite ou pas pour le journalisme. Dès le premier jour, on nous a demandé d’aller dans la rue pour faire un micro-trottoir. On ne savait pas comment faire mais on a pris les caméras, les micros et on y est allé. Grâce à ça, quand je suis arrivée à Infosport, je n’ai pas été pas perdue et j’ai été capable de savoir ce que l’on attendait de moi. La deuxième chose importante, ces sont les intervenants qui sont de vrais professionnels qui travaillent dans des rédactions et connaissent la réalité journalistique. Ils nous ont aidé à intégrer des rédactions. Par exemple, Messaoud Benterki, qui était à l’époque à Canal +, a permis à un camarade de classe et à moi de glisser notre CV tout en haut de la pile des candidatures. C’est comme ça que j’ai commencé mes premières piges et qu’a démarré ma carrière de journaliste.

Auriez-vous un conseil pour les étudiants en journalisme ?

On peut croire que c’est un cliché quand on dit que ça va être difficile et qu’il va falloir s’accrocher. Cependant, je ne connais pas une personne qui ne se soit pas demandé si elle n’allait pas tout arrêter. Moi-même, en 5 ans, je me suis posée deux ou trois fois la question de tout stopper parce que c’est dur. Il faut être réaliste et savoir ce qui nous attend. Vous allez être confrontés à beaucoup de concurrence et à des personnes prêtes à tout pour y arriver. Mais ne lâchez pas, allez-y plein de motivation et surtout en apportant votre truc en plus, ce qui va faire la différence. Quand on y arrive enfin, on est fier et heureux d’avoir travaillé dur pour y arriver.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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