Lundi 10 décembre, Franck Papazian, président de MediaSchool, a été élu « L’Homme des Médias de l’année » par le 39e Grand Prix des Agences de l’Année. Une récompense qui vient souligner la création d’un pôle média au sein du groupe avec l’acquisition de CB News, Stratégies, Influencia, Pub (33%) et Loopsider (8%).

Homme Médias année Franck Papazian

Quelle a été votre réaction en apprenant être désigné « L’Homme Média de l’année » ?

Franck Papazian. Je n’ai jamais eu l’ambition d’obtenir ce titre mais je dois avouer que je suis vraiment très fier, extrêmement ému. Je remercie le jury car je considère que ma désignation revient à récompenser l’audace. Il faut prendre des risques et inventer de nouveaux modèles, toujours plus audacieux, toujours plus créatifs. Je veux croire que les médias ont de l’avenir. Nous voulons construire le succès de nos médias sur le long terme, qu’ils puissent s’appuyer sur la solidité de MediaSchool pour poursuivre leur développement. J’espère surtout que les étudiants de MediaSchool, leurs parents, nos collaboratrices et collaborateurs seront également fiers de cette désignation car en me récompensant, ce sont eux qui sont récompensés. J’ai été éduqué dans la culture du partage et du collectif. C’est important pour moi.

Quel était votre rapport aux médias quand vous étiez jeune ?

F.P. A 15 ans, je lisais le Monde, Libé et le Figaro. J’étais un dingue de l’info. Je dépensais une grande partie de mon argent de poche au kiosque. Le dimanche, je prenais le JDD systématiquement. Dès que j’ai entamé des études de communication, je me rendais toutes les semaines au drugstore, sur les Champs-Élysées. J’y achetais Stratégies et CB News (hebdomadaire à l’époque). Je rêvais d’être journaliste. La passion de l’écriture et l’addiction à l’information me conduisaient naturellement vers ce chemin. Mais au moment où il a fallu faire un choix (l’IEJ n’existait pas encore). Par timidité ou par manque de confiance en moi, j’ai changé d’avis et je me suis dirigé vers les lettres puis la communication. Je me disais qu’un jour peut-être…

Après une carrière jonglant entre des postes chez l’annonceur (les hôtels Mercure), en agence (Publicis) et dans les médias (groupe RTL), pourquoi avez-vous décidé de changer de cap en rachetant deux écoles en 2002 ?

F.P. Lorsque j’étais à Publicis, je donnais des cours de pub dans une école de communication que je connaissais bien. Je trouvais que nous pouvions faire beaucoup mieux. J’ai travaillé sur un projet et me suis lancé (j’étais alors à RTL) parce que j’y croyais. J’étais habité par la volonté de créer des écoles très professionnalisantes, des écoles dont les cursus seraient imaginés par ceux qui font le marché : les professionnels d’aujourd’hui qui forment ceux de demain.

C’était un credo, une conviction. Il fallait mettre les recruteurs au cœur même de nos dispositifs pédagogiques, avec la volonté de développer, encore et toujours, leur relation avec nos étudiants pour garantir à ces derniers une meilleure employabilité. C’était un objectif et, avec le temps, c’est devenu une obsession, une mission. Et ça marche ! Aujourd’hui, MediaSchool, c’est 30 écoles en France et à l’international avec en moyenne un taux d’insertion de 85 à 90 % à la sortie de l’école. C’est une satisfaction personnelle et nous le devons à toutes les équipes.

En 2014, vous avez effectué un premier investissement dans la presse dans le cadre du plan sauvetage de Libération. Aviez-vous déjà l’idée de devenir un homme des médias ?

F.P. Pas du tout ! Nous étions quelques-uns à nous impliquer, parce que Libé était en danger et qu’il fallait se mobiliser au nom de la nécessité de faire vivre la pluralité des médias. J’étais un actionnaire très minoritaire dans un contexte difficile pour le titre. Mais j’ai voulu faire cet effort et je ne le regrette pas. Aujourd’hui, je constate que le titre ne se porte, hélas, pas mieux. C’est bien dommage car j’ai la conviction que nous pouvons faire bien plus.

Quand et pourquoi avez-vous pris la décision de créer un pôle média au sein de MediaSchool ?

F.P.  Il y a deux ans, quasiment jour pour jour, nous entamions les discussions avec les propriétaires de CB News, INfluencia et Cristal. Nous avions la conviction que nous devions passer un cap. Il fallait créer un nouveau modèle liant les écoles, les médias et l’événementiel pour créer un écosystème gagnant-gagnant.

C’est-à-dire ?

F.P. Un système qui serait gagnant pour les étudiants qui se retrouvent au centre d’un nouvel ensemble unique et référent sur le marché. Gagnant aussi pour nos médias et nos événements qui participent à la formation de leurs futurs lecteurs et clients. Aujourd’hui, être étudiant au sein d’une des écoles MediaSchool, pour devenir un professionnel de la communication, des médias, du digital ou de la production, du luxe ou des métiers du sport, c’est comme si vous intégriez Sciences Po pour vous lancer dans une carrière dans l’administration et la vie publique.

Quels sont vos objectifs concernant le pôle média de MediaSchool ? D’autres rachats sont-ils envisageables ?

F.P. Nous avons, effectivement, de nouveaux projets dans les médias, tant au niveau acquisitions que créations. J’espère que ces projets se concrétiseront au cours des années 2019 et 2020 !

Propos recueillis par Mélodie Moulin

Article précédent Article suivant