Mardi 11 décembre, Paris School of Luxury et l’agence Wands ont envoyé un faire-part de naissance bien particulier aux marques du luxe. A l’occasion du Paris Luxury Summit, ils ont dévoilé la création de Gaïa, la 1re influenceuse virtuelle française.

Les dents du bonheur, les cheveux blancs et courts, le corps athlétique et des oreilles pointues comme les elfes. Voilà en quelques mots à quoi ressemble Gaïa, jeune fille un peu étrange née ce matin lors du Paris Luxury Summit. Il s’agit en réalité de la première influenceuse virtuelle française co-créée par les étudiants de Paris School of Luxury (école membre de MediaSchool) et l’agence de communication visuelle Wands. « L’idée a émergé quelques temps après VivaTech, raconte Eric Briones, co-fondateur de Paris School of Luxury. Avec Wands, nous avions constaté que l’utilisation de la 3D dans le secteur du luxe était gadget. Il fallait trouver un projet avec plus de fond et l’influenceuse virtuelle est apparue comme la solution pour séduire la génération Z. »

La première influenceuse virtuelle française se devait d’être différente de ces homologues internationales telles Lil Miquela ou encore Noonoouri, sur le fond et sur la forme. C’est pourquoi, pour la façonner, Paris School of Luxury et Wands ont fait appel non pas à un créateur mais à DES créateurs, soit les cent étudiants de l’école de luxe, tous niveaux confondus. Un avantage non négligeable, les étudiants faisant partie de la cible visée, la génération Z. Un travail de longue haleine a alors été engagé du 1er octobre jusqu’au 11 décembre.

Une influenceuse virtuelle créée par et pour la génération Z

Quel que soit le niveau, chaque classe a pu s’investir dans le projet : les étudiants en première année se sont répartis en équipe pour proposer un premier jet concernant le physique du personnage. « C’était une étape intéressante car sur les 8 propositions faites, deux des personnages n’étaient pas humains. Il y avait une elfe et une alien. Or, pendant le vote populaire, ces deux projets ont écrasé complètement les autres en raflant 90 % des sondages », analyse Eric Briones, dit Darkplanneur, spécialiste du luxe et de la génération Z. A en juger par les oreilles pointues de Gaïa, il semblerait que ce soit la piste de l’elfe qui ait gagné… « Ce choix de l’extraordinaire en dit long sur le rapport à la vérité de cette nouvelle génération qui est complètement différente de la nôtre », complète le directeur des études.

Les étudiants en 3e année ont ensuite fait évoluer le personnage en lui façonnant une histoire, une personnalité. Quant aux étudiants en M1, ils se sont penchés sur la mise en place d’une stratégie d’influence. Enfin, « nous avons travaillé avec une équipe issue du monde la haute couture pour terminer le personnage et lui donner un look qui puisse également plaire aux marques de luxe », conclut le co-fondateur de Paris School of Luxury qui qualifie son équipe de « couturiers d’avatar ». Le tout sous la direction artistique de Pierre Kalaijian, qui a notamment superviser la création du look et du costume de Gaïa et qui s’occupera de tout le travail photographique à venir sur la page Instagram de la jeune fille.

Gaïa, une influenceuse tout sauf narcissique

Cette longue préparation s’est ainsi achevé ce mardi 11 décembre avec la révélation au Paris Luxury Summit face à plus de 300 professionnels du luxe. « L’objectif est que Gaïa puisse s’auto-financer en 2019 », précise Eric Briones. Pour se faire, l’influenceuse virtuelle se distingue encore de ses homologues par le contenu qu’elle partagera sur les réseaux sociaux. « Gaïa refuse l’étiquette d’influenceuse et ambitionne plutôt d’être une curatrice de la jeune création en France. Elle considère qu’il faut laisser plus de place aux jeunes talents. »

Son compte Instagram (@frenchgaia) et son blog ne crouleront donc pas sous les clichés de la miss aux cheveux courts dans diverses tenues mais plutôt d’interviews de jeunes talents français. Son objectif sera de les mettre en avant, de comprendre leur processus de création et leurs inspirations. L’un des premiers interviewés est ainsi un jeune entrepreneur, Phileo, étudiant à Paris School of Luxury, qui, à 16 ans, a déjà monté une entreprise de pièces détachées de trottinettes lifestyle et créé actuellement une entreprise de baskets haut de gamme. Pour la création et la diffusion des contenus, Paris School of Luxury et Wands sont en train de mettre en place une association Gaïa avec un directeur artistique, un chef de projet, un concepteur-rédacteur, un community manager, etc. De leur côté, l’école a même constitué une équipe de rédacteurs avec ses étudiants.

Le triptyque école/média/événement

Le parti-pris de créer une influenceuse virtuelle curatrice s’inscrit ainsi dans la volonté de MediaSchool de constituer un triptyque pour chacune de ses antennes : une école/un média/un événement. « Le luxe avait son école (Paris School of Luxury), son événement (Paris Luxury Summit) et désormais son premier média (Gaïa) », se réjouit Eric, très excité par cette nouvelle création. Tout est ainsi en place pour permettre à Gaïa de vivre et s’épanouir sur les réseaux sociaux. Il ne reste maintenant plus qu’à séduire le marché pour que les marques aient envie de jouer avec elle « sans casser le contrat de lecture initial et la promesse de vérité faite à la génération Z ».

Mélodie Moulin

Article précédent Article suivant