Entre le compte personnel de formation, le congé individuel de formation et d’autres dispositifs, difficile se repérer dans les aides au financement pour la formation continue. Qui paie quoi ? Découvrez l’ensemble des mesures pour financer votre projet.

Que vous soyez employé, chef d’entreprise ou demandeur d’emploi, il existe plus d’une dizaine de financements possibles pour une formation continue. Pratique, mais pas facile dans ces conditions de se repérer dans les différentes modalités et de trouver le dispositif adéquat… Ce dernier dépend d’ailleurs de votre statut et de la formation envisagée. La demande de financement peut être faite sur votre initiative ou celle de votre employeur. Dans tous les cas, nous vous conseillons de vous mettre en relation avec votre DRH ou votre conseiller Pôle Emploi pour préciser les modalités d’inscription.

Vous êtes salarié…

Le compte personnel de formation (CPF)

Qu’est-ce que c’est ? Le CPF remplace depuis le 1er janvier 2015 le droit individuel de formation (DIF). Son objectif est d’accroître le niveau de qualification de chacun et de sécuriser son parcours professionnel. Il permet d’acquérir de nouvelles compétences, de préparer une qualification professionnelle en vue d’obtenir une certification reconnue ou encore de vous accompagner dans la validation de vos acquis (VAE).

Pour qui ? Partez du principe qu’à partir du moment où vous travaillez, vous avez le droit de vous former ! Le CPF s’adresse à tout salarié du secteur privé et est utilisable tout au long de la vie professionnelle. Il s’active à partir de 16 ans jusqu’à la retraite.

Comment ça fonctionne ? Chaque année, vous capitalisez un crédit d’heures de droit à la formation. Vous accumulez 24 h par an pendant les cinq premières années de votre vie professionnelle puis 12 h par an pendant trois ans, dans la limite de 150 h. Les heures non utilisées ne sont jamais perdues, même si vous changez de situation ou d’employeur. Pour utiliser vos crédits heures, c’est à vous d’entamer les démarches. Vous pouvez créer votre compte (en vous munissant de votre numéro de sécurité sociale) et le consulter à tout moment sur le site du gouvernement.

Le congé individuel de formation (CIF)

Qu’est-ce que c’est ? Comme son nom l’indique, il s’agit d’un congé de longue durée permettant à un salarié de suivre la formation de son choix. La période peut aller jusqu’à un an pour un salarié à temps plein et 1 200 h maximum pour un employé à temps partiel. L’objectif ? Apprendre un nouveau métier, approfondir ses connaissances ou acquérir une qualification supérieure. Pendant le temps de la formation, la rémunération est assurée de 80 à 100%.

Pour qui ? Le CIF s’adresse aux salariés justifiant d’une certain temps d’activité : l’employé en CDI ayant travaillé au moins deux ans consécutifs dont une année dans la même entreprise ; le salarié en CDD ayant travaillé au moins deux ans sur les cinq dernières années dont quatre mois d’activité au cours de la dernière année ; les jeunes de moins de 26 ans avec un an d’activité salariale sur les cinq dernières années dont quatre mois de CDD la dernière année.

Comment ça fonctionne ? Le financement est assuré par des organismes paritaires agréés par l’Etat auxquels l’entreprise verse ses contributions obligatoires pour la formation continue. Citons par exemple le FONGECIF, présent dans chaque région, et  l’OPACIF. Pour bénéficier du CIF, c’est au salarié de remplir le dossier de demande de financement et de l’adresser à l’organisme dont relève son entreprise. En parallèle, il aura pris soin d’adresser à son employeur une demande écrite d’autorisation d’absence, en précisant les modalités de la formation (intitulé, date de début, durée et organisme du programme).

Le Plan de formation de l’entreprise (PFE)

Qu’est-ce que c’est ? Le PFE rassemble toutes les actions de formations de l’entreprise, définies dans le cadre de sa politique de gestion du personnel. Élaboré en principe tous les ans (voire tous les trois ans), le plan peut prévoir des actions de bilans de compétences et de validations des acquis d’expériences.

Pour qui ? L’élaboration d’un PFE n’est pas obligatoire et peut concerner toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Tous les salariés avec plus d’un an d’ancienneté peuvent être visés par une action de formation prévue par le plan de leur entreprise.

Comment ça fonctionne ? Contrairement aux autres dispositifs exposés précédemment, la demande de formation est ici à l’initiative de l’employeur. Ce dernier prend en charge les frais liés à la formation (frais d’inscription, déplacement et hébergement). La formation étant assimilée à l’exécution normale du contrat de travail, le salarié conserve sa rémunération et sa protection sociale habituelle pendant toute la durée du cursus. Si vous souhaitez suivre une formation particulière, vous pouvez en faire la demande à votre employeur, qui sera libre d’accepter ou non de la financer. Pour cela, adressez-vous au service des ressources humaines de votre entreprise en fournissant toutes les informations relatives au programme envisagé (contenu, durée, devis).

La période de professionnalisation

Qu’est-ce que c’est ? Ce dispositif a été mis en place pour favoriser le maintien des salariés en poste en leur permettant d’acquérir une qualification supplémentaire. Cette période de professionnalisation est fondée sur le principe de l’alternance, alliant périodes d’enseignement et périodes d’activité professionnelle. Au terme du parcours, le salarié reçoit un diplôme ou un titre professionnel.

Pour qui ? Si les salariés en CDI sont les principaux bénéficiaires de ce dispositif, il est également ouvert aux employés en CDD relevant d’une structure d’insertion ou en contrat unique d’insertion (CUI).

Comment ça fonctionne ? La période de professionnalisation peut être lancée à l’initiative du salarié en accord avec son employeur ou à l’initiative de l’employeur. Elle peut être cumulée avec le CPF ou le plan de formation. La durée minimale de la formation est fixée à 70 heures réparties sur 12 mois maximum. Pendant cette période, le salarié est rémunéré normalement ou perçoit une allocation de formation égale à 50 % de son salaire si les actions de formation se déroulent hors temps de travail. Le financement de la période de professionnalisation est assuré par l’OPCA auquel l’entreprise a versé sa contribution.

Vous êtes demandeur d’emploi…

Selon votre projet professionnel, il existe de multiples dispositifs pour accéder et financer une formation. Nous vous conseillons de vous renseigner directement auprès de votre conseiller Pôle Emploi. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de MediaSchool Exécutive Education.

Vous n’êtes pas salarié…

Si vous exercez une profession libérale (agriculteur, artisan ou encore commerçant), la formation continue est régie par des règles particulières à chaque activité. Il existe néanmoins trois fonds d’assurance formation :

  • le fonds interprofessionnel de formation des professions libérales (FIF-PL) ;
  • l’association de gestion du financement de la formation des chefs d’entreprise (AGEFICE) ;
  • le fonds d’assurance formation des professions médicales libérales (FAP-PL).
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