Etudiant en 3e année à l’ECS Paris, Etienne Chauvin a eu l’occasion d’effectuer un semestre d’études à Shanghai. Une expérience inoubliable qu’il a souhaité partager avec nous.

Culture Formations : Pourquoi partir en Chine ?
Etienne Chauvin. Quand l’ECS nous a proposé cette belle opportunité, je n’ai pas pu refuser. A notre âge, et surtout dans le domaine de la communication, je pense qu’il faut découvrir le monde et les différentes cultures. J’avais envie de partir à l’étranger. Mais si je partais, c’était pour aller très loin, pour vivre une véritable coupure avec mon quotidien. La Chine m’attirait, c’est un véritable Eldorado en termes de travail et d’opportunités. Ce fut une expérience extrêmement intéressante. J’aimerais y retourner à l’occasion d’un autre stage.

C.F. : Comment avez-vous vécu les derniers jours avant votre départ ?
E.C. J’étais plus impatient qu’autre chose. Les tâches administratives comme la demande de visa ont été assez simples à réaliser, surtout avec l’aide de l’école. Et puis, tout est arrivé si vite…

shanghai-etienne-chauvin

« Presque personne ne parle anglais dans les rues de Shanghai. J’ai du me débrouiller en parlant avec les mains et mon téléphone portable« , Etienne Chauvin © TongRo Images Inc

C.F. : Quelle a été la première chose à faire sur place ?
E.C. L’une de nos premières préoccupations fut de trouver un logement. Avec un ami, nous avions réservé un appartement sur Airbnb pour une semaine. Nous avons ensuite trouvé sur place une colocation dans un building grâce à un agent immobilier. Les recherches ont été très faciles. Cette première expérience en colocation a été géniale ! Je regrette seulement que nous parlions tous français dans l’appartement.

C.F. : Aviez-vous appris le chinois avant de partir ? La barrière de la langue vous a-t-elle posé problème ?
E.C. Nous avons suivi des cours de chinois tout au long de notre séjour. J’aurais aimé en avoir davantage pour échanger plus facilement. Là-bas, contrairement à ce que l’on dit, les gens ne parlent pas beaucoup anglais, même au travail. Je m’aidais souvent de mon téléphone portable pour faire des traductions et je parlais avec les mains.

etienne-chauvin-shanghai-capitaliste

C.F. : Comment s’est passé votre stage ? Avez-vous noté des différences dans la manière de travailler entre la Chine et la France ?
E.C. J’ai travaillé dans la branche digitale d’une agence de communication, Always Marketing. Il faut savoir que là-bas, ils ne font pas de différence entre la communication et le marketing. Ma mission était d’importer des produits occidentaux en Chine. J’ai dû écrire des publicités pour les réseaux sociaux locaux (Weibo et WeChat). J’ai par exemple travaillé sur l’importation d’un spray pour l’huile d’olive. C’est marrant car ils n’ont pas la même vision que nous sur certains produits. Par exemple, pour eux, l’huile d’olive est un produit très sain, utilisé pour les sportifs. Il y a toutefois une grande tendance à vouloir copier les occidentaux. La ville est très capitaliste et consommatrice avec des publicités partout, jusqu’à des écrans dans les taxis et les toilettes. Ils veulent s’habiller et vivre comme les Américains mais sont en même temps déconnectés de la culture US. Ils ne connaissent même pas les grandes stars Hollywoodiennes. Dans leur manière de travailler, je dirais qu’ils sont moins organisés et moins créatifs. Leurs messages publicitaires se cantonnent très souvent à une photo et un texte. Point.

C.F. : En dehors des cours et des stages, que retenez-vous de votre séjour ?
E.C. Ce fut une expérience très enrichissante, tant d’un point de vue professionnel que personnel. Il y a de vraies opportunités de travail, le coût de la vie est assez bas et les rues sont très sécurisées. Je pouvais me balader sans problème la nuit avec mon MacBook sous le bras. La peine de mort et les caméras de surveillance doivent y être pour quelque chose… Les Chinois sont aussi très accueillants avec les occidentaux. Il faut juste faire attention de ne pas se faire arnaquer. Même si au bout de quelques semaines, j’ai eu un petit coup de blues, je n’oublierai jamais mon séjour là-bas. J’ai profité au maximum de ce semestre car je sais que, même si j’y retourne un jour, ce ne sera jamais pareil.

C.F. : Avez-vous visité d’autres lieux que Shanghai ?
E.C. Je suis allé notamment à Pékin. Culturellement parlant, cette ville est beaucoup plus impressionnante que Shanghai. C’est une cité très fleurie et beaucoup moins oppressante que ce que l’on pourrait croire.

Propos recueillis par Mélodie Moulin

A lire également, les témoignages de Sarah Banderly et d’Adélaïde Deffond.

Article précédent Article suivant