Rencontre avec Coraline Vastra, directrice de clientèle chez TWBA Corporate. Son parcours, son travail, son point de vue sur le monde de la communication.

Quelles sont vos missions au sein de TBWA Corporate ?

Coraline Vastra. Je suis directrice de clientèle en influence, c’est-à-dire tout ce qui touche les relations presse et publics, les réseaux sociaux et, plus marginalement, les affaires publiques. Mon rôle est de préserver la réputation des entreprises qui font appel à nous, en imaginant et déployant des stratégies de relations presse et publics (création d’une vidéo corporate, diffusion de contenus sur les réseaux sociaux, etc.).
Coraline Vastra TBWA communication transparence

Pourquoi choisir la communication ?

Coraline Vastra. Sans communication, il n’y a rien. C’est un maître de stage qui m’a appris ça et qui m’a donné envie de travailler dans le milieu. Et c’est vrai : une entreprise peut bien innover autant qu’elle veut, s’il n’y a pas de communication pour faire connaître ses produits, ils ne seront pas achetés. Les métiers de communicants sont pourtant à la base de tout, du pire comme du meilleur.

Quels sont vos meilleurs souvenirs chez TBWA ?

Coraline Vastra. Je me souviens d’une de mes premières missions. C’était pour l’Assurance maladie. Elle avait ouvert un site dédié à l’asthme pour prévenir, donner des conseils et réaliser des études. J’ai travaillé également avec le Défenseur des droits qui agit pour que tous les citoyens français aient les mêmes droits face à la justice. C’est important pour moi d’informer les personnes qui auraient besoin de ces services mais qui ne les connaissent pas. Et c’est une vraie victoire quand la campagne de communication trouve un écho auprès du public visé.

Conseil général du Val d’Oise, mairie d’Argenteuil, ministère de la Santé… Votre parcours est très orienté vers la communication publique. Qu’est-ce qui vous plait dans cet univers ?

Coraline Vastra. Je ne suis pas bonne pour vendre des produits auxquels je ne crois pas. Je préfère travailler pour l’intérêt commun et c’est ce que je retrouve dans la communication publique. Chez TBWA, j’ai l’opportunité de travailler pour quelques clients dans le secteur public. Le fait de pouvoir jongler entre les deux secteurs (privé et public) me permet de prendre des idées d’un côté pour les réinjecter de l’autre.

En quoi le digital change-t-il les relations publics ?

Coraline Vastra. Plus qu’une transformation, le digital a enrichi le métier. Nous avons désormais plus facilement accès à des personnes qui l’étaient moins avant. L’information a aussi été démultipliée par l’outil du numérique. Toute la difficulté réside alors dans la gestion de ce flux. Les sources d’informations sont très diversifiées et la cible s’est segmentée en des milliers de groupes d’intérêt. Pour une cible autrefois, on en compte une dizaine aujourd’hui, ce qui nous oblige à multiplier les sources, les messages, pour toucher autant de monde qu’avant.

Coraline Vastra communication digital

Quelles sont, selon vous, les qualités pour réussir dans ce milieu ?

Coraline Vastra. Il y en a beaucoup mais ce n’est pas nécessaire de toutes les avoir. Deux qualités sortent néanmoins du lot :
D’un côté, la curiosité pro-active. Il ne faut pas se contenter de faire de la veille. Il faut sortir de votre zone de confort en lisant d’autres médias que ceux que vous avez l’habitude de lire pour aller chercher de l’information que vous n’auriez pas autrement.

D’un autre côté, plutôt que de parler de transparence et d’honnêteté, je pense que le plus important est la diplomatie et la pédagogie. En tant qu’expert de la communication, nous sommes des traducteurs, des interprètes. Nous nous devons de transmettre les informations et nous assurer que ces dernières ont été bien reçues. Par exemple, si un client n’a pas la même vision que vous, ce n’est pas en mettant les deux pieds dans le plat et en étant direct que vous allez le faire changer d’avis. Le message ne passera que si vous êtes diplomate et pédagogue.

Un conseil pour les futurs communicants ?

Coraline Vastra. Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour sortir du lot. C’est notamment ce qui m’a permis d’entrer dans le service communication d’un ministère. Je n’ai pas fait Sciences Po mais j’ai réussi à attirer l’attention grâce à d’autres critères comme faire des jobs d’été toujours en lien avec la communication ou d’être major de promo à l’ECS Paris. Le secteur de la communication est difficile car il y a beaucoup de diplômés mais pas autant de postes libres. Les étudiants croient qu’une bonne formation suffit. Ce n’est pas vrai ! Les recruteurs vont regarder aussi les petites choses que vous aurez faites à côté : tenir un blog, aller à des conférences, la lecture de différents livres, travailler l’été dans un institut de sondage… Montrez-leur que la communication n’est pas une corvée pour vous mais une vraie passion !

Propos recueillis par Mélodie Moulin

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