Lancée en janvier dernier, la plate-forme Braineed propose de mettre en relation les étudiants avec les entreprises, pour des missions ponctuelles dans le digital.

« Professionnaliser le monde étudiant. » C’est un projet ambitieux que se sont lancés Bassem Barbouche, Arnaud Brendel et Maud Ridings, il y a quelques mois. Leur objectif : permettre aux étudiants de réaliser des missions auprès des entreprises à la manière des free-lances grâce à leur plate-forme Braineed. Le site est divisé en trois grandes catégories :

  • la technique (développement web),
  • le marketing digital (community management, référencement, rédaction de contenus)
  • et le créatif (graphisme, identité visuelle, réalisation et montage de vidéos).
Culture Formations Braineed Bassem

L’équipe de Braineed est composée de cinq personnes à temps plein. Sur la photo : Bassem Barbouche (à gauche) et Amine Khalfallah (à droite). © Mélodie Moulin

Le concept de cette application communautaire est né d’un double constat.

  1. « Les petites structures souffrent de leur digitalisation. Elles préfèrent se concentrer sur leur cœur de métier et n’ont pas les moyens de faire appel à un expert du numérique », raconte Bassem Barbouche, fort de ses cinq années d’expérience dans le consulting.
  2. D’un autre côté, près d’un étudiant sur deux travaille à côté des cours, selon une étude sur les conditions de vie des étudiants en 2016. « La plupart du temps, le job n’a aucun rapport avec les études et ne constitue pas une expérience qualitative pour le futur de l’étudiant », estime-t-il. Braineed permettrait alors de pallier à ces deux problématiques en les réunissant.

Braineed, l’agence d’intérim des étudiants

La plate-forme est ouverte à tous les étudiants en fin de cursus (bac +4/5), de préférence spécialisés dans le digital, la communication, le journalisme ou encore l’audiovisuel et le graphisme. Pour s’inscrire, les étudiants remplissent un formulaire en ligne. Ils passent ensuite un entretien téléphonique pour bien identifier leur motivation et leurs compétences. De leur côté, les entreprises peuvent déposer sur le site communautaire leurs offres de mission en indiquant la nature, les objectifs et les compétences attendues. L’équipe de Braineed cherche ensuite manuellement, dans la base de données, l’étudiant le plus adapté à la mission.

Culture Formations Bassem Barbouche

La seule contrainte pour les étudiants est de se créer un statut d’auto-entrepreneur.  « Cela m’a fait un peu peur au départ, notamment parce que je ne suis pas de nationalité française, se rappelle Ismaël Santos do Nascimento Filho, étudiant en webdesign à #SUPDEWEB Paris. Maud m’a mis en confiance et m’a bien expliqué les démarches. C’est un statut très flexible, facile à mettre en place et à fermer si besoin. » Pour Bassem Barbouche, c’est aussi un moyen de tester la motivation des étudiants : « Créer une auto-entreprise n’est pas anodin. C’est une démarche active qui démontre que l’étudiant est autonome et sérieux. »

Les compétences les plus demandées par les entreprises : 1) Le développement de sites Internet 2) La rédaction de contenus 3) Le community management 4) La création d’une identité visuelle

Les étudiants comme des pros

La qualité des prestations proposées par les jeunes depuis l’ouverture du site est d’ailleurs au rendez-vous.

« Je suis impressionné de voir la capacité d’adaptation et le professionnalisme dont fait preuve la génération Z. Les étudiants ont un niveau beaucoup plus élevé que nous à la sortie de l’école », constate avec fierté le co-fondateur de Braineed.

Culture Formation Braineed digital

Créée en janvier 2017, la start-up est actuellement en recherche d’investisseurs pour se développer davantage.

Sébastien Camus, fondateur de l’agence de conseil en webmarketing White Lynx, a déjà fait appel à plusieurs étudiants par le biais du site, notamment pour la rédaction de contenus.  « Je considère que les étudiants sont des prestataires comme les autres. Ils sont très carrés et professionnels. J’aurais même tendance à dire qu’ils sont plus motivés », argumente-t-il.

Le Saviez-vous ? « La France manque cruellement de développeurs alors qu’il y a une forte demande. Cela se traduit également dans nos effectifs d’étudiants puisque les profils techniques ne représentent que 20 % », constate Bassem Barbouche.

Un suivi pas à pas

Une initiative donc bénéfique pour les entreprises mais aussi pour les étudiants. Ce qui a motivé Soraya Ben Aziza, étudiante en M1 journalisme d’investigation à l’IEJ Paris à participer à l’aventure ? La possibilité « de se lancer dans quelque chose de concret et de se professionnaliser ». La jeune journaliste s’est inscrite en février dernier. Elle a réalisé depuis plusieurs missions de grande ampleur, comme la rédaction de cent articles pour le site L’Expert-comptable.com et une cinquantaine pour Manpower. Elle a ainsi pu mettre en application ce qu’elle a appris à l’école.

Ce n’est toutefois pas toujours évident pour des étudiants de se retrouver pour la première fois face à des entreprises. C’est pourquoi l’équipe de Braineed les accompagne du début à la fin.  « Lorsqu’on m’a proposé une première mission, j’étais tellement stressé que je voulais la refuser, se souvient Ismaël. Bassem m’a rassuré en disant que le but de la plate-forme est de donner des possibilités réelles aux étudiants de mettre en pratique leurs connaissances. »

Braineed culture formation freelance

« Braineed est un véritable tremplin pour passer du statut d’étudiant à celui de free-lance », Soraya Ben Aziza.

Un tremplin vers l’avenir

Plus qu’une opportunité de gagner un peu d’argent, les missions apportées par le site représentent « une belle alternative aux stages ». Pour Soraya, « c’est l’occasion de se confronter au monde du travail avec de vrais clients ». La jeune fille envisage d’ailleurs de poursuivre l’aventure en tant que free-lance après l’obtention de son diplôme.  « Ces expériences m’ont apporté des références à mettre sur mon CV.  J’ai pu agrandir mon réseau et je me sens prête à me lancer à mon compte. » Et vous, serez-vous prêts à sauter le pas ?

Mélodie Moulin

Voir notre dossier sur les évolutions du digital

transformation digitale ecole formation numerique web culture formations

En savoir plus
Article précédent Article suivant