La secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation a annoncé le 27 février 2017 sa démission du gouvernement pour rallier l’équipe de campagne de Benoît Hamon. L’occasion de faire le bilan de ses trois années au gouvernement.

Une page se tourne pour Axelle Lemaire. La secrétaire d’État chargée du numérique et de l’innovation depuis le 2 avril 2014 a donné sa démission au gouvernement. Elle rejoint ainsi l’équipe de campagne de Benoît Hamon, le candidat socialiste pour l’élection présidentielle 2017. « Je serai désormais plus utile en dehors du gouvernement qu’à l’intérieur », a-t-elle estimé lors d’une interview donnée à Libération. Son remplaçant, Christophe Sigurge, déjà secrétaire d’Etat en charge de l’industrie, devra notamment reprendre le flambeau du projet « France IA », la stratégie nationale en intelligence artificielle lancée en janvier dernier.

La loi Lemaire, la French Tech, la France très haut débit ou encore la Grande Ecole du Numérique… Pendant près de trois ans, l’ancienne secrétaire d’Etat n’aura pas chômé, se distinguant par son ambition, son déterminisme et son franc-parler. Voici un récapitulatif des actions principales portée par Axelle Lemaire.

La loi pour une République Numérique

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Pour la première fois en France, une loi a été élaborée en collaboration avec les Français. © Ellagrin

Si l’on ne devait retenir qu’une seule chose du passage d’Axelle Lemaire au gouvernement, ce serait cette loi pour une République Numérique. Publié au journal officiel le 8 octobre 2016, le texte s’articule autour de trois grands axes :

  1. l’ouverture et la circulation des données et du savoir ;
  2. la protection des droits dans la société numérique ;
  3. l’accès au numérique pour tous, quel que soit le territoire, l’âge, la situation sociale et le handicap.

Un quarantaine de décrets apportent et/ou apporteront des mesures emblématiques comme le mouvement vers l’open data, l’accentuation des amendes infligées par la CNIL, le droit à l’oubli des mineurs ou encore la reconnaissance de la pratique de l’e-sport comme une activité professionnelle.

Outre le contenu du texte, la loi a marqué les esprits par sa conception. Pour la première fois en France, le projet de loi a été créé grâce à la démocratie collaborative. Elaboré à partir d’une grande concertation citoyenne, en 2014, sur les enjeux sociaux et économiques liés aux transformations numériques, le texte a ensuite été soumis à une discussion publique ouverte et interactive.

La French Tech ou la porte ouverte aux start-up

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L’objectif de la French Tech est de favoriser la visibilité des start-up françaises sur le territoire et à l’étranger. © French Tech

Bien que l’initiative de la French Tech ait été lancée avant son arrivée au gouvernement par Fleur Pellerin, Axelle Lemaire ne s’est pas moins distinguée dans ce dossier visant à promouvoir sur le territoire et à l’étranger les start-up françaises. Elle a notamment accompagné la labellisation de certaines villes françaises et a dévoilé l’initiative du French Tech Visa. Mise en place à partir du printemps 2017, cette procédure simplifiée permettra aux talents étrangers d’obtenir plus facilement et plus rapidement le passeport-talent. Il s’agit d’un visa de 4 ans renouvelable permettant aux talents étrangers de venir travailler en France pour faire prospérer les start-up de l’Hexagone.

La Grande Ecole du Numérique

Grande Ecole du Numérique

La Grande Ecole du Numérique aurait formé depuis sa création plus de 10 000 personnes.

On ne vous le répétera jamais assez : le digital est un secteur porteur qui recrute. La preuve par les chiffres : selon DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et statistiques), près de 50 000 postes dans le secteur du numérique restent non pourvus aujourd’hui. Ce score pourrait même aller jusqu’à 190 000 d’ici à 2022.

Dans ce contexte, la Grande Ecole du Numérique présente une double ambition : répondre aux besoins croissants du marché de l’emploi en compétence numérique et favoriser l’insertion professionnelle des publics éloignés de l’emploi et de la formation. Ainsi, depuis 2015, la Grande Ecole a constitué un réseau de plus de 250 formations labellisées ouvertes à tous pour favoriser la transformation numérique. Les cursus s’adressent en priorité aux jeunes non qualifiés, aux femmes et aux publics issus de quartiers défavorisés.

La France très haut débit

Bientôt, vous ne pourrez plus dire que le wifi « rame ». Quand ? D’ici 2022, grâce au plan France Très Haut Débit. Ce projet porté par Axelle Lemaire a pour objectif de couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit d’ici cette date butoir. Ce projet, qui mobilise un investissement de 20 milliards d’euros sur 10 ans, répond à plusieurs enjeux : renforcer la compétitivité de l’économie française et l’attractivité du pays, développer des services publics innovants sur l’ensemble du territoire et donner accès aux usages numériques à tous les citoyens.

La France se met à l’intelligence artificielle

France IA

Avec le projet « France IA », Axelle Lemaire entend remettre la France dans la course de l’intelligence artificielle.

Enfin, le dernier projet lancé par Axelle Lemaire en janvier 2017 concerne l’intelligence artificielle. A travers « France IA », l’ancienne secrétaire d’Etat entendait faire remonter cette thématique dans les priorités du prochain gouvernement et positionner l’Hexagone dans le paysage mondial. Le projet est scindé en deux parties : d’un côté, des groupes de travail constitués d’acteurs institutionnels, de chercheurs, d’entreprises et de start-up auront pour tâche d’identifier et de fédérer les acteurs de ce secteur et de définir les grandes orientations de la France en la matière ; de son côté, la CNIL organisera un débat public sur l’éthique de l’intelligence artificielle.

Mélodie Moulin

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