Ce 18 mai a lieu la 6e édition de la journée mondiale de la sensibilisation à l’accessibilité. Pour l’occasion, Access42 dévoile la sortie de son livre blanc sur l’accessibilité numérique.

Pourriez-vous imaginer votre vie sans Internet ? La réponse est assurément négative pour la majorité d’entre nous. Si la toile fait désormais partie de notre quotidien, nous ne sommes pas tous égaux face au Web. Outre le manque de réseau ou d’équipement, certains handicaps (visuel, auditif ou moteur) accentuent cette inégalité. Afin de sensibiliser à ces problématiques, Joe Devon, un développeur américain, a lancé en 2012 the Global Accessibility Awareness Day. Depuis, chaque 18 mai, de nombreux événements sont organisés à travers le monde pour s’informer et échanger sur l’accessibilité numérique.

Un livre blanc pour mettre son site aux normes

Pour la 6e édition de cette journée spéciale, Access42, spécialiste de l’accessibilité numérique, a publié un livre blanc pour accompagner les entreprises dans la mise en conformité de leur site et application mobile. Intitulé « Accessibilité numérique en 2017 : quelles perspectives ? », il explique pas à pas les différentes étapes à mettre en place. Pour Access42, l’accessibilité numérique ne concerne pas seulement le développeur web mais « l’ensemble de la chaîne de production », en commençant par la création d’une « structure de management dédiée ». Le livre blanc passe ensuite toutes les étapes au crible : la définition du projet, le coût, l’audit, la formation du personnel, etc.

Access42 accessibilité numérique

Accessibilité numérique : où en est la loi ?

Rendre son site accessible à tous n’est aujourd’hui plus une option pour la plupart des entités publiques et privées, car c’est devenu une obligation encadrée par la loi. Ratifiée en 2010 par la France, la convention relative aux droits des personnes handicapées (CRDPH) de l’ONU fixe le cadre général. Le texte est augmenté par une directive publiée par l’Union Européenne en décembre 2016, relative à l’accessibilité des sites Internet et des applications mobiles des organismes du secteur public. Cette directive européenne doit être transposée dans le droit national des Etats membres — et donc de la France — d’ici le 23 septembre 2018.

En France, la loi Handicap de 2005 impose déjà aux services de communication publique en ligne d’être accessibles aux personnes présentant un handicap, quel qu’il soit, en se basant sur le référentiel général d’accessibilité des administrations (RGAA). La loi République Numérique 2016 a étendu cette obligation légale à certains secteurs privés. Rare sont cependant les entreprises à prendre en compte intégralement les recommandations du référentiel. Selon l’agence UX-Accessible Ipedis, aucune des entreprises auditées n’atteint le premier pallier d’accessibilité.

« Au-delà des contraintes légales et réglementaires, rendre ses contenus numériques accessibles, c’est reconnaitre le droit fondamental des personnes en situation de handicap à avoir les mêmes opportunités que tous les autres citoyens », explique Jean-Pierre Villain, gérant d’Access42 et expert en accessibilité numérique.

Qui est concerné par l’accessibilité numérique ?

Une plage braille accessibilité numérique

Les non-voyants sachant lire le braille peuvent utiliser une plage braille pour remplacer l’écran. © Sébastien Delorme Wikimedia Commons

Quand on parle de difficulté pour accéder au numérique, on pense presque immédiatement aux personnes mal ou non-voyantes. Pourtant, ce n’est pas le seul handicap concerné. En effet, à l’heure où la vidéo est le format le plus utilisé sur la toile, les personnes mal-entendantes ont elle aussi des difficultés à accéder à la totalité du contenu numérique. Le sujet a d’ailleurs fait l’actualité pendant la campagne présidentielle. L’association Valentin Haüy avait demandé à 21 personnes sourdes, mal-entendantes, mal-voyantes ou aveugles de répondre à une question sur le programme des candidats. La recherche s’est avérée être un véritable parcours du combattant. Idem pour les personnes souffrant d’un handicap mental, cognitif ou moteur.

En fonction des handicaps de chacun, la façon de naviguer sur la toile ne se limite pas au traditionnel écran + souris. Il existe en réalité plusieurs manière de surfer sur Internet : avec un clavier ou un périphérique adapté (eye-tracking, contrôle vocal et même par la pensée). La plupart de ces outils utilisent le code source des sites et notamment les balises importantes comme les titres, les menus ou encore les illustrations. Si le langage HTML 5 a considérablement facilité la navigation, la moindre petite erreur ou information manquante constitue autant de barrières pour accéder au contenu des sites.

En attendant la mise en norme des sites, le développement des assistants personnels comme Alexa d’Amazon ou Google Home, dit chatbots, pourrait être une piste à exploiter pour permettre l’accessibilité à tous au numérique. A méditer…

Mélodie Moulin

 

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